Situations sanitaires exceptionnelles

En cas de situation sanitaire exceptionnelle, Santé publique France évalue les conséquences sur la santé des populations exposées afin de guider les mesures de gestion mises en place par les autorités sanitaires.

Les situations sanitaires exceptionnelles (SSE) - qu’elles soient d’origine environnementale (catastrophes industrielles, événements climatiques extrêmes) ou infectieuse (épidémies, pandémies) - bouleversent le quotidien des populations et mettent à l’épreuve la résilience des territoires. Leur gestion dépasse le cadre des procédures courantes d’alerte et nécessite une réponse rapide, coordonnée et scientifiquement fondée.

Les SSE peuvent être causées par :

Une situation sanitaire exceptionnelle se caractérise par :

  • son ampleur : elle peut concerner voire impacter un regroupement de communes, un ou plusieurs départements, une ou plusieurs régions, l’ensemble du territoire national voire inclure des territoires limitrophes ou au-delà ;
  • son origine : elle peut être naturelle, renforcée par les dérèglements climatiques ou anthropiques ou les deux ;
  • sa dynamique : elle est généralement soudaine, inattendue et évolutive dans le temps et dans l’espace ;
  • son retentissement médiatique, avéré ou potentiel.

Dans le cadre de ses missions, Santé publique France s’appuie sur une cartographie des situations environnementales exceptionnelles pour évaluer leurs conséquences sur la santé des populations.

Quelles sont les missions de Santé publique France dans la réponse aux situations environnementales exceptionnelles ?

Une situation environnementale exceptionnelle peut être d’origine technologique ou naturelle et présenter des risques spécifiques pour les populations, les biens et l’environnement, nécessitant des dispositifs de réponse adaptés.

L’agence a pour mission d’anticiper et d’évaluer les impacts sur la santé et d’accompagner les autorités dans la prise de décision en s’appuyant sur son expertise scientifique, son ancrage territorial et ses partenaires. 

En cas de situation environnementale exceptionnelle, les missions de Santé publique France sont alors d’évaluer rapidement l’impact de l’évènement sur la santé physique et mentale des populations et d’apporter des soutiens logistiques et scientifiques aux autorités de santé. Cette évaluation doit permettre :

  • De détecter précocement un phénomène de santé et alerter sur sa survenue.
  • De caractériser et quantifier l’impact de l’évènement sur la santé.
  • D’identifier et caractériser les populations à risque.
  • D’apporter un appui sur la mise en œuvre des plans de réponse nécessaires à la protection des populations.

En fonction de la nature de l’événement, Santé publique France peut également activer plusieurs leviers :

  • La mobilisation de la Réserve sanitaire : un vivier de professionnels de santé et d’experts prêts à intervenir en renfort pour soutenir les équipes locales, renforcer les capacités de réponse et assurer une prise en charge optimale des populations affectées.
  • L’appui de l’Établissement pharmaceutique : pour garantir l’accès aux moyens pharmaceutiques et logistiques nécessaires (stocks stratégiques de produits de santé, distribution de traitements, etc.).

Quels peuvent être les effets sur la santé des situations environnementales exceptionnelles ?

Les effets sur la santé (ou impacts sur la santé) sont des modifications de l’état de santé d’une personne ou d’une population, causées par une exposition à un facteur environnemental (pollution, produit chimique…) liée à un événement. Leurs effets peuvent être directs, c’est-à-dire directement liés à l’événement lui-même, ou indirects, c’est-à-dire liés à un enchaînement d’événements. Ils sont souvent différés, complexes et multifactoriels.
Selon les temps d’exposition de la population et le délai de latence entre l’exposition et les effets attendus sur la santé, on distinguera :

  • Les effets à court terme de l’exposition immédiate : ce sont les effets aigus et immédiats observés au moment de l’événement et dans le mois suivant ;
  • Les effets à moyen terme et long terme de l’exposition immédiate : ce sont les effets différés qui surviennent à distance de l’événement, au-delà d’un mois après l’événement et jusqu’à plusieurs années après ;
  • Les effets à long terme de l’exposition chronique : ce sont les effets liés à une exposition continue et répétée sur une longue période qui peuvent apparaître en cas de surexposition de la population à des composés toxiques émis et déposés dans l’environnement lors de l’événement.
     

Quels types d’actions sont mises en place ?

Analyser l’impact des effets à court terme sur la santé des populations 

En première intention, l’analyse de l’impact des effets à court terme sur la population va s’appuyer sur les systèmes de surveillance épidémiologique existants et directement mobilisables par Santé publique France en lien avec ses partenaires. Ces systèmes peuvent être complétés par des dispositifs supplémentaires afin de renforcer la réponse à apporter aux autorités locales.

Dès les premières heures qui suivent un événement, Santé publique France va ainsi s’appuyer sur :

Le dispositif de surveillance syndromique SurSaUD® animé par Santé publique France en lien avec les services d’urgences hospitalières (réseau OSCOUR®), les associations SOS Médecins, ainsi que l’Insee et l’Inserm-CépiDc pour les données de mortalité.

  • Objectif : analyser les recours aux soins d’urgence ayant eu lieu le jour de l’accident, puis les jours suivants. 
  • Modalités : données fournies en temps quasi-réel qui permettent de vérifier si un changement dans le recours aux soins est observé consécutivement à l’événement, notamment dans les services d’urgences et les associations SOS Médecins.
  • Données recueillies/surveillées : nombre quotidien de passages aux urgences et de visites et consultations réalisées par SOS Médecins ; regroupements syndromiques issus des diagnostics principaux et associés renseignés pour chaque patient (incluant des indicateurs digestifs, respiratoires, cardio-vasculaires, infectieux, et de santé mentale).
  • Avantages : première évaluation rapide des effets aigus nécessitant un recours urgent aux soins pour guider ou adapter les mesures de gestion notamment dans les suites immédiates de l’accident.
  • Limites : données limitées aux soins d’urgence (urgences hospitalières et SOS Médecins) ; ne recense pas ce qui provient de l’automédication ni des parcours hors recours aux soins d’urgence.

En fonction de la nature de l’événement, Santé publique France peut s’appuyer localement sur des structures d’appui telles que les cellules d'urgence médico-psychologique (CUMP), les postes médicaux avancés (PMA), les dispositifs prévisionnels en cours (DPS), animées par différents acteurs de la sécurité civile ou de l’offre de soins ou encore les Centres Antipoison et de ToxicoVigilance (CAPTV).

  • Objectif : collecter des informations et données permettant de compléter la description des événements de santé et de la population impactée suivis au moyen du dispositif SurSaUD®.
  • Données recueillies/surveillées : nombre de décès, de blessés ou de personnes prises en charges…
  • Avantages : recueil de données au plus près de l’évènement et en préhospitalier pour guider ou adapter les mesures de gestion notamment dans les suites immédiates de l’accident.
  • Limites : données limitées aux structures d’appui.

Évaluer les risques et les impacts à moyen et long terme

Si les données des systèmes de surveillance activés en première intention donnent une première photographie de l’état de recours aux soins d’urgence ou de premiers secours, il peut être nécessaire, dès les premières heures de l’événement, d’interroger la population pour décrire les impacts sur la santé en complément des données directement disponibles. 

  • Dans ce cas, Santé publique France peut proposer, en lien avec les autorités locales et les acteurs de santé locaux, la mise en œuvre : 
  • d’un recensement des personnes pour participer à une éventuelle étude de santé perçue, notamment pour évaluer des nuisances et des symptômes ressentis en lien avec l’accident ;
  • d’une enquête auprès des professionnels de santé pour caractériser les impacts sur la santé physique et mentale parmi les patients vus en consultation ;
  • des enquêtes transversales de santé auprès de la population exposée qui peuvent être répétées dans le temps, pour suivre l’évolution de leur santé physique et mentale sur une période définie ;
  • des enquêtes auprès de populations sensibles ou spécifiques (femmes enceintes, enfants, travailleurs par exemple). 

La pertinence de mettre en œuvre une surveillance biologique (prélèvement de sang et d’urine) spécifique à l’accident et sa faisabilité pourront être étudiées par Santé publique France à la demande des autorités sanitaires. Ce dispositif d’évaluation de l’exposition aux polluants fait l’objet d’un guide méthodologique dédié.

Ces enquêtes peuvent être proposées et mises en œuvre dès la phase d’urgence, le début de la phase post-accidentelle ou après l’événement.

Exemple d’enquête menée en population :

Informer des méthodes utilisées et des résultats d’impact sur la santé des situations exceptionnelles

En période de crise sanitaire, l’information et le dialogue avec les populations concernées sont des priorités. Santé publique France s’engage à :

  • rendre l’information accessible à tous : nous veillons à ce que nos analyses et recommandations soient publiques, claires et compréhensibles, que ce soit pour les décideurs publics, les populations concernées et les acteurs locaux (professionnels de santé, collectivités, associations…) ;
  • expliquer nos méthodes et leurs limites : en toute transparence, nous détaillons nos méthodes d’évaluation et de surveillance et nous explicitons les incertitudes liées aux données ou aux connaissances scientifiques consultées ;
  • restituer les résultats dans les territoires : nous recueillons les retours des habitants et acteurs sur place pour favoriser l’adaptation des actions aux besoins exprimés.

Une démarche collaborative pour une réponse de santé publique efficace et adaptée.