Vaccination des nourrissons, adolescents et jeunes adultes aux Antilles. Bilan de la couverture vaccinale en 2025.

Points clés

Chez les nourrissons

  • L’obligation vaccinale contre les méningocoques ACWY a été mise en place depuis le 1er janvier 2025 chez les nourrissons à la suite de l’augmentation des cas d’infections invasives à méningocoques de types W et Y. Elle a permis d’atteindre une couverture vaccinale élevée avec près de 75,4 % en Guadeloupe et 76,3 % en Martinique des nourrissons, nés au premier trimestre en 2025, ayant reçu la première dose de vaccin contre les méningocoques ACWY. Chez les enfants nés 2024, ayant été soumis à la vaccination contre le méningocoque C, 62,9 % en Guadeloupe et 50,5 % en Martinique avaient reçu au moins une dose de vaccin méningococcique tétravalent ACWY à l’âge de 21 mois. Cette couverture vaccinale est inférieure à celle estimée chez les enfants nés en 2023 contre le méningocoque C au même âge. Rappelons qu’une vaccination commencée avec un vaccin monovalent C avant le 1er janvier 2025 chez les nourrissons doit théoriquement être poursuivie avec un vaccin tétravalent ACWY.
  • En 2025, année de la mise en oeuvre de l’obligation vaccinale contre les méningocoques B chez les nourrissons jusqu’à l’âge de 2 ans, la couverture vaccinale contre ces infections a nettement progressé en Guadeloupe et Martinique avec, respectivement, 49,5 % et 50,2% des nourrissons nés en 2024 (âgés de 21 mois) à jour de leur vaccination (contre, respectivement, 30,9% en Guadeloupe et 38,8 % en Martinique en 2024).
  • Les couvertures vaccinales pour les autres vaccinations obligatoires du nourrisson sont globalement basses avec des niveaux inférieurs à l’objectif cible de 95 % fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). De plus, dans le contexte de la reprise de circulation du virus rougeoleux en France depuis 2024, il convient de rappeler que la couverture vaccinale avec deux doses contre la rougeole, les oreillons et la rubéole doit dépasser cet objectif pour interrompre la circulation du virus qui peut conduire à des décès chez des personnes vulnérables. La vérification et la mise à jour de cette vaccination sont primordiales, chez les enfants et les adultes jeunes.

Chez les adolescents et jeunes adultes

  • Face à la gravité potentielle et de la fréquence accrue des infections invasives à méningocoques à l’adolescence, la vaccination contre les méningocoques ACWY est recommandée chez les adolescents, ainsi qu’un rattrapage chez les jeunes adultes. En 2025, seuls 4,6% et 4,2% des 11-14 ans en Guadeloupe et en Martinique avaient reçu une dose de ce vaccin. Ce pourcentage est encore plus faible chez les 15-24 ans, avec 1,9 % sur les deux territoires. La vaccination contre les méningocoques ACWY doit s’intensifier dans cette tranche d’âge. L’intégration de cette vaccination dans les campagnes menées au collège à partir de 2026 permettra de renforcer la protection des jeunes face à ces infections. Les efforts pour améliorer la couverture vaccinale doivent se poursuivre afin d’atteindre une immunité de groupe et réduire la circulation des méningocoques dans les autres classes d’âge.
  • La couverture vaccinale contre les infections à papillomavirus (HPV) continue de progresser avec en Guadeloupe 25,3 % des filles et 10,0 % des garçons de 16 ans vaccinés avec un schéma complet. En Martinique la couverture vaccinale, avec un schéma complet, des adolescents de 16 ans est légèrement plus faible avec 19,5% des filles et 8,8 %. Cette progression est encourageante, mais la couverture vaccinale reste encore insuffisante pour réduire l’incidence des cancers liés à ces infections. L’objectif national fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers est de 80 % chez les filles et les garçons d’ici 2030. Afin d’atteindre cet objectif, les efforts doivent aussi être poursuivis pour accélérer la progression de la vaccination contre les HPV en s’appuyant sur les campagnes de vaccination au collège et en renforçant les messages sur l’importance de la vaccination des garçons. Vacciner les garçons est aussi essentiel que vacciner les filles pour une protection équitable et durable.

Adhésion vaccinale

Selon le Baromètre Santé publique France 2024, les 18-25 ans se déclarant favorables à la vaccination sont 63,7 % en Guadeloupe et 75,1 % en Martinique. L’adhésion à la vaccination aux Antilles est généralement plus basse qu’au niveau national qui est proche de 80%.

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