Grandes causes de décès en France : tendances et causes associées en 2024

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La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), l’Inserm via son Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc- Inserm) et Santé publique France analysent les causes médicales de décès des personnes résidentes et décédées en France en 2024. Trois études complémentaires sont publiées conjointement : un Bulletin épidémiologique hebdomadaire (Santé publique France) et deux Études et Résultats (Drees). Elles s’appuient sur la statistique nationale des causes de décès produite par l’Inserm (CépiDc) à partir du recueil exhaustif des volets médicaux des certificats de décès, de leur codage et de leur analyse.

Parmi la population qui réside en France, 641 046 personnes sont décédées en 2024 sur le territoire, soit 4 000 décès de plus qu’en 2023. En revanche, le taux de mortalité standardisé (777,9 décès pour 100 000 habitants), qui tient compte du vieillissement de la population, diminue de 11 décès pour 100 000 habitants par rapport à 2023. Cette diminution est moins marquée que celle observée entre 2022 et 2023. Le taux de mortalité standardisé en 2024 se situe à un niveau inférieur à celui de 2019. Pourtant, la mortalité en France reste supérieure à celle que l’on attendait si la tendance à la baisse observée avant la pandémie de Covid-19 s’était prolongée jusqu’en 2024.

La baisse de la mortalité due à la Covid-19 en partie effacée par la hausse de celle des maladies respiratoires

La diminution de la mortalité en 2024, toutes causes confondues, est entrainée par celle de la mortalité due à la Covid-19 de 7 décès pour 100 000 habitants par rapport à 2023. Des baisses de moindre ampleur s’observent aussi pour la mortalité due aux symptômes et états morbides mal définis, aux maladies cardio-neurovasculaires et aux tumeurs.

En revanche, la mortalité due aux maladies de l’appareil respiratoire (hors Covid-19) augmente par rapport à 2023 de 5 décès pour 100 000 habitants, portée par la hausse des grippes et des pneumonies. Par ailleurs, on note une progression de la mortalité due aux maladies infectieuses en particulier les septicémies, ainsi qu’une tendance à la hausse, depuis 2019 des infections de l’appareil génito-urinaire.

Les tumeurs, première cause de décès chez les hommes comme chez les femmes, devant les maladies cardio-neurovasculaires

En 2024, les tumeurs, essentiellement les cancers, première cause de mortalité, chez les hommes comme chez les femmes, comptent pour plus d’un quart des décès (27,1 %). Elles concernent des personnes en moyenne plus jeunes que ceux toutes causes confondues. La mortalité par tumeur continue de baisser, à l’exception de celle du pancréas en hausse tendancielle, et de celles du poumon, des bronches et de la trachée chez les femmes.

Les maladies cardio-neurovasculaires (comme par exemple l’infarctus du myocarde, l’accident vasculaire cérébral (AVC) et l’insuffisance cardiaque) ont, quant à elles, causé plus d’un cinquième des décès (21,2 %). Elles restent la deuxième cause de mortalité, malgré un léger recul par rapport à l’année précédente.

Par ailleurs, les taux de mortalité dus aux maladies endocriniennes, nutritionnelles et métaboliques, cardio-neurovasculaires, de l’appareil digestif et de l’appareil génito-urinaire restent en 2024 plus élevés que la prolongation des tendances pré-pandémiques.  

En 2025, selon une estimation encore provisoire, les taux de mortalité des tumeurs et des maladies cardio-neurovasculaires seraient en légère baisse. En revanche, le nombre de décès du fait de ces maladies serait lui stable ou en hausse en raison de l’arrivée de la génération du baby-boom à des âges avancés.

Plus d’un cinquième des décès ont une cause imprécise ou inconnue

Parmi l’ensemble des décès, 4,8 % ont une cause inconnue et 16,5 % présentent une cause initiale insuffisamment précise. Ces causes imprécises comprennent notamment les arrêts respiratoires, la sénilité, les insuffisances cardiaques ou encore les septicémies sans précision sur leur point de départ. En tenant compte des différences de la mortalité par âge, ce sont les causes initiales des femmes et les causes des décès survenant à domicile qui sont plus souvent imprécises.

Un tiers des décès sont associés à des comorbidités ou à des antécédents médicaux en 2024

Au-delà de la cause initiale à l’origine du processus qui a conduit au décès, 32 % des certificats contiennent également au moins une cause associée au décès. Ces dernières correspondent à des comorbidités, qui sont des facteurs de risques ou d’aggravation de la cause initiale, avec une moyenne de 2,2 causes associées par certificat. 

Tous âges confondus, l’hypertension artérielle, les troubles du rythme et de la conduction cardiaque, le diabète sucré et les tumeurs constituent les causes associées les plus fréquentes. Le nombre de mentions de causes associées augmentent avec l’âge. De même, l’ordre des causes associées les plus fréquentes évolue selon les classes d’âge. Ainsi, l’hypertension artérielle est la cause associée la plus fréquente chez les personnes de 65 ans ou plus, alors qu’elle arrive en 4ème position chez celles de moins de 65 ans, derrière les tumeurs, l’alcool et le tabac.

Leur prise en compte en complément de la cause initiale apporte une meilleure mesure de l’impact des maladies chroniques et des antécédents médicaux, sous-estimé par la cause initiale.

En savoir plus

magazines/revues

22 juin 2026

Bulletin épidémiologique hebdomadaire, 2026, n°15

Trois études complémentaires, pour mieux documenter les causes de décès en 2024 et leurs évolutions

Les articles dans le BEH et Etudes et Résultats décrivent les grandes causes de décès en 2024 et leurs évolutions en comparaison à la période pré-pandémique. La première publication Études et Résultats fournit également les premières estimations de mortalité en 2025. La seconde donne la fréquence d’apparition des causes associées sur les certificats de décès. Enfin, l’article BEH décrit les différentes causes associées en 2024.

Consulter les publications et les données associées :

À propos de la Drees

Mise en place par le décret du 30 novembre 1998, la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) fait partie avec l’Insee et les autres services statistiques ministériels du service statistique public (SSP). Son rôle est de fournir des informations fiables et des analyses dans les domaines du social et de la santé. L’action de la DREES s’appuie, depuis plus de 20 ans, sur un engagement déontologique dont les principes, codifiés et partagés au niveau européen, sont l’indépendance professionnelle, l’engagement sur la qualité, le respect du secret statistique, l’impartialité et l’objectivité. La DREES est aussi un service statistique ministériel dont la mission prioritaire est d’accompagner et d’évaluer les politiques publiques sociales et sanitaires.

A propos de l’Inserm et du CépiDc

Créé en 1964, l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) est un établissement public à caractère scientifique et technologique, placé sous la double tutelle du ministère de la Santé et du ministère de la Recherche. Dédié à la recherche biologique, médicale et à la santé humaine, il se positionne sur l’ensemble du parcours allant du laboratoire de recherche au lit du patient.

Le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de Décès (CépiDc) est l’unité de service de l’Inserm qui remplit la mission légale et réglementaire pour la France de production de la statistique nationale des causes médicales de décès. Cette statistique s’élabore à partir des informations remplies par les médecins sur les volets médicaux des certificats de décès. Parallèlement, le CépiDc a développé une expertise en santé publique pour l’exploitation statistique des données françaises et internationales des causes de décès.

À propos de Santé publique France

Santé publique France est, en France, le centre de référence et d’expertise en santé publique. Fondée sur le continuum entre la connaissance et l’intervention, sa mission est de protéger et d’améliorer la santé des populations. Son action intègre sur le long terme les grands enjeux de santé publique : de la protection contre les menaces (notamment risques infectieux, risques environnementaux, déterminants de santé...) à l'amélioration de la santé (prévention, promotion de la santé en vue de la réduction du fardeau des maladies et des inégalités sociales et territoriales…). Santé publique France est un établissement public sous la tutelle du Ministère en charge de la santé.

Bulletin épidémiologique hebdomadaire

Le BEH est une revue à comité de lecture éditée par Santé publique France, qui publie des articles proposés par l’ensemble des acteurs de santé publique. Son accès est libre et gratuit...

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