La biosurveillance est une méthode de surveillance de la population utilisée principalement dans le domaine des risques environnementaux et professionnels. Elle fait appel à des biomarqueurs, c'est-à-dire à des indicateurs biologiques révélateurs d'une exposition environnementale, de maladies, de troubles ou d'une prédisposition génétique. Ils sont mesurés dans les liquides ou les tissus (sang, urine, cheveux, salive, lait maternel, etc.). La méthode a l’avantage d’intégrer toutes les voies d'exposition et de permettre l’établissement de valeurs de référence, l’identification de populations à risque et le suivi des évolutions sur le long terme.
Au niveau européen, la biosurveillance est maintenant comprise comme un outil stratégique pour définir et orienter les politiques de règlementation des usages des substances chimiques potentiellement dangereuses. La commission Européenne participe depuis plusieurs années à l’élaboration et au financement de programmes dédiés à la biosurveillance tels que HBM4EU et plus récemment, PARC pour lequel Santé publique France est fortement impliquée et qui vise des objectifs plus larges que la biosurveillance humaine seule.
Inscrit dans la loi n°2009-967 du 3 août 2009, le PNBS est piloté par Santé publique France depuis 2010. Il s’appuyait jusqu’à présent sur la cohorte Elfe (2011) qui a permis de définir le volet périnatal du PNBS et l’enquête transversale Esteban réalisée en population générale (2014-2016). Toutes les publications relatives à ces travaux s’achèveront en 2021 et ont permis de répondre aux objectifs suivants :
décrire les niveaux d’imprégnation à une centaine de substances et établir des valeurs de référence d’exposition ;
comparer les niveaux d’imprégnation à ces substances avec les résultats d’études antérieures menées en France (l’étude ENNS 2006-2007) et à l’étranger ;
analyser les déterminants des niveaux d’imprégnation de la population pour certaines substances mesurées.
Afin de définir les nouvelles modalités du programme national de biosurveillance, le 23 octobre 2018, les ministères de la santé, du travail, de la recherche, de l’agriculture et de l’environnement ont saisi Santé publique France. L’agence a souhaité organiser une concertation de personnes qualifiées pour l’appuyer dans sa réponse grâce à la constitution d’un comité d’appui thématique (CAT) intégrant plusieurs des partenaires et acteurs essentiels dans le domaine de la biosurveillance, en France ou à l’international. La première réunion a eu lieu en juin 2021. Ces nouvelles modalités comprenant notamment une méthode de priorisation des substances, l’intégration des besoins de la recherche, l’harmonisation avec le projet européen PARC…devront permettre de répondre aux objectifs cités précédemment.
En parallèle des réflexions en cours sur les nouvelles modalités du programme national de biosurveillance, Santé publique France a lancé l’élaboration de deux études de biosurveillance : PestiRiv, une étude d’exposition aux pesticides des riverains de zones viticoles et ceux éloignés de toutes cultures ainsi que Kannari 2, une étude d’imprégnation au chlordécone aux Antilles.
Le présent appel à candidatures est destiné à renforcer les compétences au sein du Conseil scientifique déjà existant et comprenant six personnes (une épidémiologiste environnementale, une épidémiologiste en santé des populations, deux analystes, un évaluateur du risque chimique d’origine alimentaire, un médecin du travail expert en biosurveillance).