Risque suicidaire exploré d'après le programme Samotrace
© Charlotte Calament - Charles Tomlison
Le risque suicidaire a été exploré entre janvier 2006 et mars 2008, dans le cadre de l'enquête Samotrace. Il concernait près de 10 % des femmes et 7 % des hommes. Chez les hommes, ce risque suivait un gradient social, les catégories sociales les plus favorisées étant les moins concernées. Bien que les résultats ne soient pas significatifs, le secteur de la santé et de l'action sociale, et celui des transports et communications semblaient être plus particulièrement concernés. Chez les femmes, le risque suicidaire selon l'emploi était moins contrasté.
Exploitation des données du Baromètre santé 2005 de l'Inpes
La population étudiée comprenait 6 264 hommes et 7 389 femmes, actifs en emploi au moment de l'enquête. La prévalence des tentatives de suicides (TS) au cours de la vie était décrite selon la catégorie socioprofessionnelle. La prévalence des TS au cours de la vie était plus élevée chez les femmes que chez les hommes (6,6 % vs 3,1 %). Dans la population des salariés, les catégories des ouvriers et des employés étaient les plus concernées par les TS , les cadres étaient les moins touchés. Les agriculteurs exploitants étaient les moins concernés par les TS (0,4 % des hommes, 4,1 % des femmes).
Les données de Cosmop pour l'étude de la mortalité par suicides
Les données du programme Cosmop ont fait l'objet de deux exploitations dans le domaine du suicide, l'une basée sur les déclarations annuelles des données sociales (Dads) et l'autre sur les données de l'échantillon démographique permanent (EDS). L'étude basée sur les Dads visait la description de la mortalité par suicide et son évolution au cours du temps dans la population des salariés (hommes), selon les secteurs d'activité auxquels ils appartenaient. Sur la période 1976-2002, le taux standardisé de mortalité par suicide a été estimé à 25,1/100 000 (en population, ce taux est de 33,4/100 000, même standardisation). On ne constatait pas d'évolution notable au cours du temps. En revanche, les taux de mortalité différaient sensiblement selon les secteurs d'activité. Le secteur de la santé et de l'action sociale présentait le taux de mortalité par suicide le plus élevé (34,3/100 000). Venaient ensuite les secteurs de l'administration publique (en dehors de la fonction publique d'État) (29,8/100 000), de la construction (27,3/100 000) et de l'immobilier (26,7/100 000). L'analyse par groupe socioprofessionnel montrait des taux de mortalité près de trois fois plus élevés chez les employés et surtout chez les ouvriers par rapport aux cadres.L'étude basée sur l'échantillon démographique permanent portait sur 187 938 hommes et 150 683 femmes, nés en France métropolitaine et actifs à l'un des recensements (1968, 1975, 1982 et 1990). L'objectif était de décrire la mortalité par suicide selon la dernière catégorie sociale connue. Les agriculteurs exploitants représentaient la catégorie sociale ayant le risque de suicide le plus élevé comparativement à celui des cadres. Chez les salariés, on observait un gradient social de mortalité par suicide quel que soit le sexe, les moins touchés étant les cadres et les plus concernés étant les ouvriers.
Multi-sources : suicides en lien avec le travail
L'objectif du projet était d'étudier la faisabilité de la mise en place d'un système de surveillance des suicides en lien avec le travail (dont ceux survenus sur lieu de travail) en France chez les actifs au travail, à partir de plusieurs sources. Ce système visait à la fois le dénombrement et la description des cas selon des variables caractérisant l'emploi.L'étude comportait une exploration des sources de données disponibles et pertinentes pour une telle surveillance. Six sources de données potentiellement utilisables ont été identifiées, dont quatre considérées comme majeures : les données de mortalité du Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc), les données de réparation au titre des accidents du travail des différents régimes de sécurité sociale (régime général, régime agricole dans un premier temps), les rapports des structures médico-légales et les signalements de l'Inspection du travail. L'exploration des sources données et l'étude pilote ont montré que l'accès à ces sources était plus ou moins facile, qu'aucune source n'était exhaustive et que chacune d'entre elles présentait des limites différentes (population couverte, absence de centralisation et d'informatisation des données, sous-déclaration…). Néanmoins, malgré ces limites et difficultés, la mise en place d'un système de surveillance pourrait être envisageable. L'une des sources, les instituts médico-légaux, paraît incontournable. Cependant, le recours à cette source d'information nécessiterait le développement d'un système d'enregistrement informatique des données, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.


