Grandir avec les écrans - La Santé en action, 2026, n°474
La vie ultra-connectée est aujourd’hui une réalité : en 2025, chaque foyer en France possède plus de dix appareils numériques. De facto, les écrans sont très présents dans le quotidien des enfants et des adolescents : les 3-5 ans y passent 1h30 par jour, les 9-11 ans près de 2h30. Les inégalités sociales sont marquées : ceux dont les parents sont moins diplômés y consacrent plus de temps, et ont plus souvent un écran dans leur chambre. L’utilisation des réseaux sociaux se développe au collège, et concernent davantage les filles. Les jeunes reconnaissent des usages intensifs, mais trouvent aussi sur le web le moyen de gérer leurs inquiétudes. Les impacts sur la santé physique sont aujourd’hui bien documentés : troubles du sommeil, sédentarité, altération de la vue. Ils le sont un peu moins sur la santé psychique. Les réseaux sociaux exploitent la vulnérabilité des adolescents, risquant de les entraîner dans une spirale addictive. Dès le plus jeune âge, les écrans perturbent la relation parent-bébé : c’est ce qu’on appelle la « technoférence » parentale. Mais les études relativisent l’impact des écrans sur le développement cognitif des enfants, s’il est encadré.Ceci plaide pour des mesures de prévention collectives et proportionnées, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans et du portable à l’école ne faisant pas l’unanimité. Pour ne pas laisser les enfants et les adolescents sans garde-fous face aux écrans, l’enjeu est de passer d’une logique de responsabilité individuelle, reposant sur les épaules des familles, à une approche collective, combinant réglementation des services des plateformes, prévention et éducation. De multiples actions sont possibles. Il s’agit en premier lieu d’accompagner les familles, pour lesquelles la gestion des écrans est devenu la principale préoccupation éducative. Différents outils sont mis à disposition par les associations, par les professionnels de la petite enfance. L’éducation aux médias s’avère essentielle pour les jeunes, de même que les interventions - en milieu scolaire notamment - qui les incitent à se déconnecter. Les collectivités locales peuvent aussi jouer un rôle, à l’image du programme « Bien grandir avec les écrans » proposé par la ville de Bordeaux pour sensibiliser les parents et proposer des activités culturelles et sportives aux enfants, alternatives concrètes au numérique.
Auteur(s) : Lydié Nathalie, Soleymani Dagmar, Caron François-Marie, Clavagnier Isabelle, Roberge Marie-Claude, Salomon Diane
Année de publication : 2026
Pages : 44 p.
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