Mortalité par cancer du poumon chez les femmes françaises. Analyse de tendance et projection à l'aide d'un modèle âge-cohorte bayésien, de 1975 à 2014

Position du problème : La mortalité féminine par cancer du poumon en France a augmenté de 3 % par an ces vingt dernières années et a atteint 4 500 décès en 2000. Cette augmentation, non retrouvée chez l'homme, est attribuée au développement du tabagisme féminin. Pour répondre aux préoccupations des acteurs de santé, il a paru nécessaire d'estimer, pour ce cancer, les taux de mortalité et le nombre de décès féminins attendus dans les quinze prochaines années en France métropolitaine et dans chacune de ses régions. Méthodes : L'analyse a porté sur les nombres de décès féminins par cancer du poumon de 1975 à 1999 et sur les effectifs de population passés et futurs estimés de 1975 à 2014, à l'échelle nationale et régionale. Les décès et les taux de mortalité pour 1975-1999 ont été calculés par périodes et par tranches d'âges quinquennales et projetés pour la période 2000-2014, pour chacune des régions et pour la France métropolitaine. L'analyse utilise l'approche bayésienne d'un modèle âge-cohorte auquel sont imposées des contraintes auto-régressives. Résultats : En France métropolitaine, la mortalité féminine par cancer du poumon a augmenté de 3 % par an entre 1975 à 1999. Durant 1995-99, le taux standardisé sur la population mondiale tronquée 20-85 + et le nombre de décès annuel moyen étaient, respectivement, de 11,4 pour 100 000 et de 4 000. Le taux a augmenté dans toutes les régions, mais la variation la plus forte était observée en Corse (+ 314 %), la plus faible en Auvergne (+ 37 %). Pour la France métropolitaine, le taux standardisé tronqué devrait atteindre respectivement 14,1 et 22,5 pour 100 000 en 2000-2004 et 2010-2014, soit un accroissement de 60 % entre ces deux périodes. Au niveau régional, la variation la plus forte devrait être retrouvée dans le Languedoc-Roussillon (107 %), la plus faible dans le Nord-Pas-de-Calais (40 %). Conclusions : L'approche bayésienne du modèle âge-cohorte est utilisée de plus en plus fréquemment car elle permet d'assurer la stabilité des projections des taux et de s'affranchir de l'analyse des facteurs étiologiques du cancer. Il serait, pourtant, intéressant de compléter ce modèle par une composante tenant compte du tabagisme, permettant de construire des scénarios basés sur la baisse de la consommation.

Auteur(s) : Eilstein D, Uhry Z, Cherie Challine L, Isnard H

Année de publication : 2005

Pages : 167-81

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