COVID-19 : point épidémiologique à Mayotte du 25 septembre 2020
Points clés
Plus de six mois après l’apparition du premier cas sur le département, l’épidémie de Covid-19 se poursuit à Mayotte. Le pic épidémique avait été observé début mai. L’incidence, alors à son maximum (139 cas pour 100 000 habitants) avait ensuite progressivement diminué pour passer début juillet, sous le seuil des 50 cas pour 100 000 habitants. Dans le même temps, on observait une augmentation continue du taux de dépistage, témoignant d’une amélioration progressive des capacités de tests (accès facilité aux prélèvements, augmentation des capacités d’analyses, élargissement des indications de test, multiplication des opérations de dépistage). Depuis le début de l’épidémie, 24 349 personnes ont été testées, soit 9% de la population de Mayotte. Du fait de la situation relativement stable et rassurante durant l’hiver austral, Mayotte n’est plus en état d’urgence sanitaire.
La surveillance épidémiologique reste cependant essentielle afin de détecter toute modification de l’épidémie, tant du point de vue de sa dynamique que de son degré de gravité (cas graves et mortalité). Santé publique France poursuit ses efforts, en lien avec l’ARS, le CHM, le laboratoire privé et l’ensemble des partenaires de la surveillance. Ainsi, depuis fin août, une dégradation des indicateurs épidémiologiques est observée. La fin des congés d’hiver s’est accompagnée d’une recrudescence de cas de Covid-19. Cent seize cas ont été détectés en S38-2020 correspondant à une incidence de 42/100 000 habts. Le taux d’incidence progresse dans toutes les classes d'âge à l’exception des plus de 65 ans. Bien qu’en légère
augmentation ces dernières semaines, l’incidence chez les moins de 14 ans reste largement inférieure au taux d’incidence moyen.
Cette situation est notamment liée à l’augmentation du nombre de clusters survenus dans différents contextes. Depuis la semaine S34, 11 nouveaux clusters ont été identifiés, soit plus du tiers de l’ensemble des clusters recensés depuis le début de l’épidémie. Ces clusters, dont certains ont été à l’origine de transmissions secondaires et tertiaires ont généré 139 cas. Une attention particulière doit être portée au Nord de l’ile et en milieux scolaires où près de la moitié des nouveaux clusters ont été identifiés.
Les investigations ont montré leurs limites quant à l’identification exhaustive des sujets contacts lors de grands rassemblements (cérémonies religieuses, fêtes en soirée, etc). La problématique des sujets contacts non identifiés, dont certains sont des personnes infectées qui s’ignorent, contribue au maintien de chaînes de transmission sur l’ensemble du territoire. Alors que l’incidence augmente depuis la rentrée, le taux de dépistage est lui, en diminution. Cela suggère un moindre recours aux tests par la population ces dernières semaines. Ce phénomène s’inscrit dans un contexte plus général de relâchement de la vigilance vis-à-vis de l’épidémie. L’accalmie observée durant l’hiver, associée à une sévérité limitée de l’épidémie dans une population particulièrement jeune, ont probablement contribué à ce phénomène. En effet, le nombre de cas hospitalisés reste faible même si l’on observe depuis la rentrée une reprise des admissions en réanimation pour détresse respiratoire liées au Covid-19.
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