Investigation d'une suspicion d'agrégat de cas de cancer du rein dans un laboratoire de recherche, Paris, 2016-2018
En février 2016, Santé publique France a été sollicitée par un laboratoire de recherche situé en Île-de-France à propos de 5 cas de cancer du rein survenus de 2012 à 2015 parmi les salariés. Une démarche d'investigation d'agrégat spatio-temporel en milieu professionnel a été réalisée. L'objectif était de vérifier l'existence d'un excès d'incidence de cas de cancer du rein parmi les salariés en activité du laboratoire, ainsi que leur exposition à un ou plusieurs facteurs de risque plausibles en lien avec cette pathologie. Finalement, l'investigation menée sur une période de 11 années de 2006 à 2017 ne montre pas d'excès de cas de cancer du rein parmi les salariés du laboratoire par rapport à ce que l'on peut attendre compte tenu de la fréquence de la maladie. Il n'a pas non plus été retrouvé d'exposition commune à tous les cas ni d'agent chimique, biologique ou physique reconnu cancérogène pour le rein ayant régulièrement exposé les cas recensés. Cette approche présente cependant des limites : elle n'a pas inclus les employés embauchés en tant que sous-traitants et les salariés étant partis à la retraite en l'absence d'information médicale les concernant. Néanmoins, l'absence de sur-incidence observée de cancer du rein parmi les salariés du laboratoire de recherche va dans le sens de l'infirmation de ce signal rapporté en 2016. Enfin, les expositions spécifiques rapportées lors de l'investigation montrent l'importance de poursuivre la démarche de prévention des risques déjà en oeuvre au sein du laboratoire en intégrant les prestataires et stagiaires, ainsi que la poursuite de la surveillance des expositions par le biais d'un suivi individuel des salariés par la médecine du travail. Sur la base de ces résultats il n'y a pas de raisons objectives pour prolonger les investigations sur ce signalement, sauf si de nouveaux cas de cancer du rein étaient signalés parmi la population salariée du laboratoire. La surveillance renforcée déjà mise en place par la médecine du travail et à l'origine de ce signalement doit être maintenue afin de permettre de détecter le plus précocement possible la survenue de nouveaux cas.
Auteur(s) : Bassi Clément
Année de publication : 2019
Pages : 24 p.
Collection : Études et enquêtes
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