Dengue en Guyane. Bilan 2023 - 2024.
Points clés
Cette épidémie se caractérise par un nombre de cas exceptionnel avec 21 340 cas cliniquement évocateurs estimés durant l’épidémie qui aura duré 14 mois et demi, de juin 2023 à août 2024.
Au pic épidémique, en janvier 2024, plus de 1 000 cas ont été estimés chaque semaine pendant un mois.
Une telle ampleur n’avait pas été observé depuis près de 20 ans sur le territoire lors de l’épidémie de 2005-2006 : le taux d’incidence globale s’élevait à 71 cas pour 1 000 habitants en 2023-2024 contre 85 cas pour 1 000 habitants en 2005-2006 et 55 cas pour 1 000 habitants lors de l’épidémie de 2012-2013.
Cette intensité s’explique par la circulation majoritaire du sérotype DENV-3 qui n’avait pas été à l’origine d’une épidémie en Guyane depuis celle de 2005-2006 : on peut donc supposer que la population était peu immunisée vis-à-vis de ce sérotype.
Durant l’épidémie 711 personnes ont été hospitalisées : parmi elles, près de 30% avaient moins de 15 ans, 39% présentaient au moins un facteur de risque et 8% étaient des femmes enceintes.
Parmi les cas hospitalisés, 7% ont été classés en forme sévère. Au total, 35 personnes ont été admises en réanimation et 11 personnes sont décédées à l’hôpital. Parmi les 11 décès, 7 ont été classés comme étant directement liés à la dengue.
L’épidémie de 2023-2024 a été moins sévère qu’en 2012-2013 c’est-à-dire que la proportion de formes sévères parmi les cas cliniquement évocateurs était significativement plus faible : 2 formes sévères pour 1 000 cas versus 5 pour 1 000 en 2012-2013.
Lors de la dernière épidémie 11 personnes sont décédées à l’hôpital. Le taux de décès parmi les cas hospitalisés et parmi les cas cliniquement évocateurs n’était pas significativement différent de celui des épidémies de 2005-2006 (4 décès) et 2012-2013 (6 décès). Ceci va également dans le sens d’une épidémie qui n’a pas été plus sévère que celle de 2012-2013.
L’épidémie a débuté dans le secteur Savanes qui a été marqué par deux vagues épidémiques en juin 2023 et janvier 2024 : c’est le secteur dans lequel l’épidémie a été la plus longue (14 mois).
Les secteurs Savanes, Maroni et Littoral Ouest ont été marqués par une circulation majoritaire du sérotype DENV-3 (environ 80% parmi les prélèvements sérotypés dans chaque secteur) tandis qu’une co-circulation plus proportionnée a été observée dans les secteurs Ile de Cayenne (56% de DENV-3 et 44% de DENV-2) et Intérieur-Est.
Le secteur Oyapock est le seul secteur où le sérotype DENV-1 a circulé de manière significative (24% des prélèvements sérotypés) du fait de sa situation géographique frontalière avec le Brésil où ce sérotype circulait à cette période. Ce secteur est également celui pour lequel l’épidémie a été la plus courte (6 mois environ) mais où le taux d’incidence hebdomadaire des cas cliniquement évocateurs au moment du pic épidémique a été le plus élevé.
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