Rapport national de la surveillance semi-automatisée des infections du site opératoire en chirurgie. Données 2024

Depuis 2020, la surveillance des infections du site opératoire (ISO) fait partie du programme de surveillance et de prévention du risque infectieux en chirurgie et médecine interventionnelle (Spicmi). Ce dernier est piloté par le Centre de prévention des infections associées aux soins (CPias) Île-de-France dans le cadre des missions prioritaires nationales sur les infections associées aux soins (IAS) coordonnées et définies par Santé publique France. Dans le cadre du protocole Spicmi, deux niveaux de surveillance ont été proposés aux établissements de santé : une surveillance sans recueil de facteurs de risque (« unit-based ») et une surveillance avec recueil de facteurs de risque (« patient-based »). Les résultats des deux surveillances sont détaillés dans le rapport. Chaque année entre janvier et juin, les données concernant le séjour opératoire index, le type d’intervention, les reprises opératoires, et les ré-hospitalisations sont extraites du Système d’information hospitalier (SIH) pour 18 interventions cibles. Un algorithme semi-automatisé permet de détecter les suspicions d’ISO en croisant différents critères. Une validation du diagnostic d’ISO est faite dans un second temps par le chirurgien et/ou un médecin de l’équipe opérationnelle d’hygiène (EOH). Tous les patients inclus doivent être suivis jusqu’au 30e jour postopératoire (90e jour post-opératoire pour la chirurgie cardiaque, orthopédique, et la chirurgie mammaire avec implant). Les ISO sont définies selon les critères usuels standards (CDC/NHSN, 2025). La surveillance « patient-based » permet d’obtenir, en plus des données citées précédemment, les facteurs de risque d’ISO (âge, score ASA (American Society of Anesthesiologists), durée d’intervention, classe de contamination d’Altemeier, intervention en urgence/ programmée, recours à vidéo-endoscopie, présence d’implant/prothèse, procédures multiples) et, si possible, les données de comorbidité (optionnel) pour chaque patient. Les taux d’incidence et densité d’incidence d’ISO sont calculés selon ces facteurs avec leurs intervalles de confiance à 95% [IC95%].En 2024, 243 établissements ont participé au programme Spicmi, dont 47 ont opté pour la surveillance « patient-based ». Le taux d’ISO, calculé à l’échelle nationale, toutes spécialités confondues, était de 1,34% [1,29 - 1,4], ces infections étaient profondes pour 41% d’entre-elles et affectaient l’organe/espace dans plus du quart des cas (32,6%). Staphylococcus aureus était impliqué dans près d’un quart des cas (24,2% des ISO) et 10,8% de ces cas impliquaient un S. aureus résistant a la méticilline (SARM). Parmi les types d’actes chirurgicaux avec les taux d’ISO les plus élevés figuraient : la reprise de prothèse de hanche (4,44% [3,58-5,29]), le pontage aorto-coronarien (3,81% [2,92-4,7]) et la prostatectomie (3,79% [2,88-4,7]). Les résultats de la surveillance 2024 confirment les caractéristiques cliniques et microbiologiques des ISO pour les types d’interventions étudiés. Ils sont globalement cohérents avec la littérature, mais le taux d’ISO est probablement sous-estimé pour la chirurgie digestive. L’amélioration de la détection semi-automatisée des ISO et l’évolution du case-mix peuvent expliquer une partie de l’augmentation du taux d’ISO rapportée dans certaines spécialités. Renforcer la participation à la surveillance Spicmi, en particulier en mode « patient-based » reste un objectif majeur.

Auteur(s) : NKOUMAZOK Béatrice, BENHAJKASSEN NABIL

Année de publication : 2026

Pages : 81 p.

Collection : Données de surveillance

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