Épidémiologie des infections sexuellement transmissibles

Publié le 16 juillet 2019

Une épidémie de VIH toujours active1

Près de 170 000 personnes vivent avec le VIH en France. En effet, la prévalence de l’infection est estimée à environ 0,4 % chez les adultes de 15 à 49 ans. Le nombre de personnes découvrant chaque année leur séropositivité VIH est, quant à lui, estimé à environ 6 000.

Environ 6400

personnes ont découvert leur séropositivité VIH en 2017, soient 9,6 découvertes pour 100 000 habitants.

Selon l’OMS, l’épidémie de VIH en France métropolitaine est considérée comme concentrée. C’est-à-dire qu’elle touche très peu la population générale mais concerne de manière disproportionnée certains groupes de la population :

  • 41 % des personnes découvrant leur séropositivité en 2017 étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH).
  • Les personnes originaires d’Afrique subsaharienne contaminées par rapports hétérosexuels représentaient 33% des découvertes de séropositivité en 2017. Les personnes nées en France contaminées par rapports hétérosexuels représentaient  14% des découvertes).
  • Les usagers de drogues injectables (UDI) représentaient 2% des découvertes de séropositivité en 2017
  • Sur le plan géographique, le nombre de découvertes rapporté à la population est particulièrement élevé en Guyane : 109 pour 100 000 habitants. Comparativement, ce taux est proche de 20 pour 100 000 habitants en Guadeloupe, en Martinique, à Mayotte et en Ile-de-France. En métropole hors Île-de-France il est de 6 pour 100 000 habitants.

Un dépistage encore trop tardif

La France connait une forte activité de dépistage du VIH.

En effet, en 2017 environ 5,6 millions de sérologies VIH ont été réalisées ; près de 56 000 tests rapides à orientation diagnostic (TROD) ont été réalisés sur les lieux de vie communautaires. D’autre part, 73 000 autotests ont été vendus en pharmacie.

Malgré cette forte activité, la découverte de la séropositivité demeure trop souvent tardive.

En 2017, 30% des découvertes de séropositivité ont eu lieu à un stade avancé de l’infection. Plus de la moitié (52%) des découvertes de séropositivité concernaient des personnes déclarant n’avoir jamais été testées auparavant. Dans les populations dépistées régulièrement, HSH et hétérosexuels nés à l’étranger, cette proportion est bien plus faible, respectivement de 33% et de 68%.
Les personnes âgées de plus de 50 ans représentent 20% des diagnostics de VIH en 2016. Ces diagnostics sont posés à un stade avancé de l’infection, traduisant une longue période sans dépistage suite à une prise de risque ancienne.

Des modalités de dépistage en cours d’optimisation

La Haute Autorité de Santé recommande un dépistage au cours de la vie pour l’ensemble de la population qui devrait favoriser le rattrapage de ces cas qui, en 2016, étaient 60% à déclarer ne jamais avoir été dépistés pour le VIH.

Une analyse des parcours individuels des personnes récemment diagnostiquées, a montré que dans les 3 ans précédant le diagnostic, 99% des patients avaient eu un contact avec le système de soins et 89% avaient consulté un médecin généraliste au moins annuellement. De même, parmi les patients qui ont consulté pour un symptôme relié au VIH, 82% n’avaient pas reçu de proposition de test.

Des infections sexuellement transmissibles bactériennes globalement à la hausse2

Le nombre de personnes diagnostiquées pour une infection à gonocoque en 2016 a été estimé à 49 628, soit un taux de 91/100 000 habitants. Les hommes sont plus touchés que les femmes (131/100 000 vs 55/100 000) et la classe d’âge la plus concernée par cette IST est celles des 15-24 ans (181/100 000).

Les infections à gonocoque

En 2017, le nombre d’infections à gonocoque continue a progressé de 70% par rapport à 2015. Cette augmentation est particulièrement marquée chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) (+84%) comparativement aux hétérosexuels (+29%). Cette augmentation observée dans la population des HSH est présente dans l’ensemble des régions métropolitaines. En revanche, l’augmentation observée chez les hétérosexuels est concentrée dans les départements d’Outre-mer.

L’augmentation du nombre de diagnostics est plus marquée chez les personnes asymptomatiques que chez celles présentant des symptômes, ce qui est en faveur d’une augmentation du dépistage de l’infection.

Les infections à Chlamydia

Le nombre de personnes diagnostiquées pour une infection à Chlamydia a été estimé à 267 097 en 2016, soit un taux de 491/100 000 habitants. Une prédominance de l’infection est constatée chez les femmes (592/100 000 vs 380/100 000 chez les hommes). Les jeunes femmes de 15 à 24 ans sont les plus touchées (2 271/100 000).

Le nombre d’infections uro-génitales à Chlamydia continue d’augmenter en 2017, avec une hausse de 15% par rapport à 2015. Cette augmentation est plus marquée chez les hommes (+29%) que chez les femmes (+9%). Le nombre de cas diagnostiqués, qui augmente à la fois chez les personnes symptomatiques et chez celles sans aucun symptôme, reste toujours plus important chez les femmes que chez les hommes.

Dans un contexte où l’activité de dépistage des infections à Chlamydia continue d’augmenter, d’après les données de l’assurance maladie, et où il en est sans doute de même pour les infections à gonocoque du fait de la possibilité d’un dépistage conjoint des deux infections, les augmentations constatées pour ces deux IST peuvent être en partie expliquée par une augmentation du dépistage, mais sans doute aussi à une augmentation de l’incidence.

Les cas de syphilis

Concernant la syphilis récente (contamination datant de moins de 1 an), le nombre de diagnostics est stable entre 2015 et 2017. Cette stabilité du nombre de cas concerne essentiellement les HSH, qui représentent 81% des cas. Une faible augmentation est observée chez les hétérosexuels, notamment chez les femmes.

Champenois K, Cousien A, Cuzin L, Le Vu S, Deuffic-Burban S, Lanoy E, et al. Missed opportunities for HIV testing in newly-HIV-diagnosed patients, a cross sectional study. BMC Infect. Dis. 2013;13:200

2 Santé publique France. Point épidémiologique au 26 novembre 2018 / Infection par le VIH et les IST bactériennes.