Le zona et les douleurs post-zostériennes en France : Analyse descriptive du fardeau hospitalier et de son évolution entre 2008 et 2021

Selon le programme de médicalisation des systèmes d’information (PMSI), le nombre total de patients hospitalisés pour zona ou DPZ était de 36 198 entre 2008 et 2021 en France ; soit une moyenne de 2 586 patients par année. La distribution par sexe montrait en proportion une légère prédominance chez les femmes : elles représentaient 58% des patients, contre 42% pour les hommes. Les classes d’âge comptant le plus grand nombre de cas étaient : les 80-84 ans (16%), les 85-89 ans (16%), les 74-79 ans (12%) et les 90 ans et plus (11%). Sur la période d’étude, les plus de 65 ans représentaient 72% des cas hospitalisés et les plus de 50 ans, 88%. ; Les types de zona les plus fréquemment codés dans le PMSI étaient : le zona sans complication (42%), le zona ophtalmique (19%), le zona avec autres complications (17%) et le zona accompagné d’autres manifestations neurologiques (12%). Les autres types de zona représentaient moins de 10% des cas hospitalisés. Les formes les plus sévères (méningites et encéphalites zostériennes) étaient moins fréquentes et représentaient chacune 2% des cas hospitalisés. Les hospitalisations pour douleurs post-zostériennes ne représentaient que 7% des cas. ; Entre 2008 et 2021, le taux d’incidence annuel moyen des cas hospitalisés sur les 14 années était de 4,65 cas pour 100 000 habitants pour le zona et de 0,37 cas pour 100 000 habitants pour les DPZ. L’évolution de l’incidence des cas hospitalisés sur la période était globalement stable. Pour le zona, les taux d’incidence variaient d’un minimum de 4,18 en 2008 à un maximum de 5,14 pour 100 000 habitants en 2019. Pour les DPZ, les taux variaient d’un minimum de 0,31 en 2010 à un maximum de 0,47 pour 100 000 habitants en 2018. ; Les taux d’incidence par tranche d’âge augmentaient fortement avec l’âge et ce, quel que soit le sexe. Pour zona : le taux d’incidence des cas hospitalisés pour zona était 8 fois supérieur chez les 65 ans et plus comparativement aux 18-64 ans : 14,07 pour 100 000 habitants contre 1,76 respectivement. Pour les DPZ : il était 15 fois supérieur pour les 65 ans et plus comparativement aux 18-64 ans : 1,31 pour 100 000 hab. contre 0,09 respectivement. ; Les 4 régions rapportant les taux d’incidence des cas hospitalisés les plus élevés étaient la région Bourgogne-Franche-Comté, la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine et la Normandie. Les régions rapportant les taux d’incidence les plus faibles étaient la Corse et les départements d’Outre-mer. ; L’analyse du nombre de cas hospitalisés par mois sur les 14 années étudiées n’a pas mis en évidence de saisonnalité. ; La durée moyenne de séjour était de 8,6 jours (médiane de 7 jours). Les femmes séjournaient en moyenne plus longtemps que les hommes : 9 jours versus 8. L’âge avancé était associé à une durée de séjour plus longue : elle était inférieure à 7 jours chez les moins de 50 ans et de 10 jours et plus chez les plus de 80 ans. ; Les formes les plus sévères de zona occasionnaient globalement une durée de séjour plus longue. Les patients immunodéprimés avaient une durée moyenne de séjour supérieure à la durée moyenne chez les patients immunocompétents : 10 versus 8 jours respectivement. ; Parmi les 36 198 cas hospitalisés pour zona, entre 2008 et 2021, 554 décès étaient rapportés ; soit 1,5% des hospitalisations zona ayant une issue fatale et un nombre moyen de 40 décès intra-hospitalier par an. Les patients âgés de 85 ans et plus représentaient 60% des décès et les plus de 70 ans, 90% des décès. Les adultes de moins de 65 ans ne représentaient que 6% des décès parmi les cas hospitalisés. ; La létalité intra-hospitalière augmentait avec l’âge. Toutefois, au sein d’une même classe d’âge, elle était systématiquement plus élevée chez les patients immunodéprimés. Chez les 50-74 ans, la létalité des patients immunodéprimés était 5 à 9 fois supérieure à celle des immunocompétents. ; 27% des cas hospitalisés concernaient des patients immunodéprimés. 41% (226/554) des décès pour zona ou DPZ concernaient des patients immunodéprimés. Parmi les 9 716 patients immunodéprimés identifiés, 226 décédaient au cours de leur séjour, soit une létalité de 2,3% contre 1.2% chez les patients immunocompétents.

Auteur(s) : Aït El Belghiti Fatima

Année de publication : 2026

Pages : 39 p.

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