3 questions à Sébastien Denys, directeur santé environnement travail à Santé publique France
En pratique, comment cette démarche a-t-elle été initiée et quel est le résultat attendu ?
Les résultats des travaux produits par Santé publique France relatifs aux impacts de la chaleur sur la santé montrent notamment que les choix de planification et d’aménagement du territoire ont un impact significatif sur la santé, la qualité de vie et le bien-être des populations. Cependant, les considérations de santé publique sont parfois insuffisamment prises en compte dans la planification urbaine ou la construction. Il est donc essentiel d'améliorer la collaboration entre les acteurs de la santé publique, de l’environnement et de l’urbanisme.
Par ce travail, Santé publique France a souhaité mettre en place une méthode qui vise à accroitre la diffusion et l’appropriation des données probantes à destination des professionnels impliqués dans l’aménagement urbain et la construction/rénovation des bâtiments. Elle vise à faire prendre conscience aux maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre que les solutions techniques qu’ils mettent en œuvre ont un impact sur la santé et qu’ils doivent faire évoluer leurs pratiques professionnelles pour favoriser la protection des populations à la chaleur.
Quelles sont les autres actions prévues par la suite ?
Sur la base de ces résultats, Santé publique France souhaite poursuivre ses actions par la mise en place et l’animation d’un réseau d’échanges, proposé aux acteurs de formations et têtes de réseaux d’organismes impliqués dans l’aménagement urbain et la rénovation et la construction/rénovation du bâtiment.
Il s’agit désormais de poursuivre la collaboration avec les parties prenantes en lien avec nos partenaires. Grâce à ce futur réseau, les partenaires et les acteurs professionnels du champ pourront échanger sur leurs besoins respectifs et sur les leviers à activer pour une meilleure appropriation des données par les professionnels des secteurs ciblés. Ce réseau servira également d’espace de discussion autour de la mise en place d’outils de formation ou sensibilisation destinés aux acteurs tels que les fiches thématiques que nous avons élaborées sur la question de l’adaptation à la chaleur.
L’Agence souhaite aussi renforcer la diffusion et l’appropriation des résultats probants par les collectivités qui jouent un rôle clé dans la mise en œuvre des politiques publiques de l’aménagement urbain. Cette étape s’inscrit d’ailleurs dans un mouvement plus global de promotion de l’urbanisme favorable à la santé (UFS).
Quel est l’enjeu pour Santé publique France de s’inscrire dans cette approche ?
L’UFS intègre la santé et le bien-être comme critères essentiels dans l’aménagement du territoire. Cette approche vise à réduire les expositions aux risques (pollution de l’air, bruit, îlots de chaleur, isolement social…) tout en encourageant les facteurs bénéfiques pour la santé : activité physique, accès aux soins, nature en ville, mobilités douces, lien social…
L’UFS, positive et tournée vers l’avenir, propose des solutions concrètes, comme le développement d’espaces verts, non seulement pour atténuer la chaleur mais aussi pour améliorer la qualité de l’air, tout en limitant les allergènes, et favoriser l’activité physique et les interactions sociales dans un cadre sécurisé et accessible à tous.
Ainsi, cette démarche initiée sur la question de l’adaptation à la chaleur a vocation à être élargie aux autres composantes de l’UFS. Santé publique France, en lien avec l’Ademe1, le Cerema5, l’Inca6 et Ecolab7 a organisé les 26 et 27 mai 2025 un booster sur l’urbanisme favorable à la santé. Ces ateliers d’intelligence collective permettent de réunir les acteurs de l’écosystème (urbanistes, aménageurs, experts en santé, collectivités, chercheurs, élus) pour dérouler une réflexion à partir de projets d’aménagements fictifs et co-construire des argumentaires s’appuyant sur des résultats probants en santé pour convaincre les acteurs locaux.