Santé périnatale et petite enfance en France entre 2012-2024
Points clés
Poursuite de la transition démographique : moins de naissances, des mères plus âgées
- En 2024, la France comptait près de 660 000 naissances vivantes (soit 160 000 de moins qu’en2012), avec un âge moyen à la maternité de 31,1 ans (toutes parités confondues, 12e rang européen sur 27 du plus faible au plus élevé). Plus d'un quart des mères ont 35 ans ou plus au moment de l'accouchement en 2024 (25,8% vs 19,1% en 2012).
Des risques accrus avant et pendant la grossesse, mais des progrès contre le tabac
- Les grossesses plus tardives et un état de santé plus dégradé des femmes en pré-conceptionnel – hausse du surpoids et de l’obésité à 37,9% (2021), du diabète préexistant à 0,92% (2024), et de l’hypertension artérielle chronique à 1,63% (2024) – contribuent à l’augmentation des pathologies de grossesse : le diabète gestationnel atteint 15,0 % en 2024 (vs 7,5% en 2012) et les désordres hypertensifs de grossesse à 5,5% en 2024 (vs 5,1% en 2019). Ces évolutions défavorables nécessitent une vigilance renforcée. En revanche, le tabagisme recule : les fumeuses au 3ᵉ trimestre de grossesse ne sont plus que 11,8% en 2021 (vs 17,1% en 2010 pour l’Hexagone).
Accouchement : entre retour à la physiologie et médicalisation accrue
- Les épisiotomies ont chuté (2,8% en 2024 pour les voies basses non instrumentales vs 16,2% en 2012), reflétant une évolution vers des pratiques plus physiologiques. Cependant, cette tendance s’accompagne d’une augmentation des déchirures périnéales sévères (1,36% en 2024vs 0,68% en 2012) et des hémorragies du post-partum sévères (0,92% en 2024 vs 0,67% en2012), dont la hausse pourrait refléter à la fois les conséquences de la réduction des épisiotomies et celles de la progression parallèle des césariennes (22,0% en 2024 vs 20,4% en2012), mais aussi de l’évolution de l’état de santé des femmes avant et pendant la grossesse ou d’un meilleur repérage de ces complications. Ces dynamiques opposées interrogent sur l’équilibre entre physiologie et médicalisation, et sur leurs impacts respectifs tant médicaux que sur le bien-être et la satisfaction des femmes.
La prématurité recule, mais l’extrême prématurité progresse
- Malgré l’augmentation de plusieurs facteurs de risque de prématurité (obésité, diabète, HTA, âge maternel élevé…), le taux de prématurité recule à 6,7% en 2024 (vs 7,3% en 2012), avec une baisse importante entre 2019 et 2020. Cette évolution favorable est portée par la diminution de la prématurité modérée (32-36 SA). En revanche, l’extrême prématurité (22-27 SA), bien que rare, augmente (0,43% en 2024 vs 0,31% en 2012).
Mortalité infantile : une tendance inquiétante
- En France, la mortalité infantile (décès entre 0 et 364 jours) continue d’augmenter, classant désormais le pays au 21ᵉ rang européen sur 27 en 2024 (du plus faible au plus élevé) avec 4,08 décès pour 1000 naissances vivantes. Cette hausse est portée par l’augmentation de la mortalité néonatale, qu’elle soit précoce (0-6 jours) ou tardive (7-27 jours), alors que la mortalité post-néonatale (28-364 jours) reste stable. En 2023, environ la moitié des décès infantiles était attribuée à des affections d’origine périnatale, dont le taux de décès a significativement augmenté entre 2014 et 2017, en partie en raison des décès pour complications liées à la grossesse. L’analyse des causes de décès chez les nourrissons de moins d’un an est cependant limitée par la part croissante de certificats de décès incomplets depuis 2020, avec un déficit d’information plus marqué lorsque le décès est précoce.
Prévention et entretiens prénatal / postnatal : des marges de progression
- En 2021, seulement 27,2% des femmes prennent de l’acide folique avant la grossesse (recommandé pour prévenir les anomalies du tube neural), et 15,7% reçoivent des conseils sur la prévention de l’infection à cytomégalovirus (CMV). L’entretien prénatal précoce (62,1% en 2024 – mis en place en 2007 et rendu obligatoire en 2020) et l’entretien postnatal précoce (24,9 % en 2024 – mis en place et obligatoire en 2022) peinent à atteindre une couverture universelle.
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