COVID-19 : point épidémiologique en Ile-de-France du 3 septembre 2020
Points clés
Après une augmentation progressive des cas de Covid-19 début février, l’Île-de-France a connu en mars une diffusion rapide des cas en communauté, l’épidémie atteignant un pic en semaine 13, du 23 au 29 mars. L’impact de l’épidémie a été majeur en Ile-de-France. Les Franciliens comptaient pour environ 40 % des décès pour Covid-19 recensés en France depuis le 1er mars, que ce soit à l’hôpital ou en Ehpad.
Le confinement a été suivi par une diminution nette des recours aux soins pour Covid-19. Observée d’abord en ambulatoire en semaine 14, du 30 mars au 5 avril, puis à l’hôpital à partir du 7 avril, elle s’est poursuivie jusqu’en semaine 24, du 8 au 14 juin, cinq semaines après le déconfinement. Cette tendance à la décroissance s’est inversée en semaine 26. Entre les semaines 27 et 32, la majorité des indicateurs épidémiologiques régionaux montraient une augmentation de la circulation du virus en Île-de-France et particulièrement à Paris.
En semaine 35 (du 24 au 30 août), le taux d’incidence poursuit sa dynamique exponentielle en atteignant 93,3 nouveaux cas pour 100 000 habitants en Île-de-France contre 65,1 la semaine précédente et 130 à Paris contre 90,3 la semaine précédente. Le seuil d’alerte (50) est désormais dépassé dans la totalité de la région. Les départements du Val-de-Marne et les Hauts-de-Seine ont également franchi le taux d’incidence de 100 cas pour 100 000 habitants.
L’évolution du nombre de cas et de contacts investigués par les équipes en charge du contact-tracing reflète cet aspect d’accélération de la dynamique épidémique en Île-de-France avec un accroissement de 53 % du nombre d’enquêtes initiées passant de 5 492 à 8 376 entre semaine S34 et S35.
Le ratio de contacts investigués par cas est en réduction régulière depuis mi juillet, chutant d’une moyenne de 4,8 contacts par cas investigué en S29 jusqu’à 1,7 en S35 sur l’Île-de-France.
La classe d'âge des 20-30 ans reste la classe la plus fortement touchée par la diffusion du virus, et celle où la progression est la plus importante par rapport aux données de la semaine précédente mais on retrouve égale-ment une augmentation de l’incidence sensible dans les classes d’âges voisines. Chez les classes d’âge les plus élevées (à partir de 70 ans) la progression reste limitée, cette situation peut s’expliquer par des contacts sociaux réduits et une meilleure observance des gestes barrières chez ces personnes. Cependant, la progression rapide de la circulation du virus dans le reste de la population accroît le risque d’une diffusion du vi-rus aux populations les plus âgées et à risque de complications graves.
Le nombre de nouveaux clusters est en augmentation depuis la semaine 31, avec au 2 septembre : 45 clusters en cours d’investigation dont 22,3 % sont classés à criticité élevée. Près des 2/3 des clusters apparais-sent désormais en milieux professionnel, établissements sociaux d’hébergement et d’insertion et établissements de santé.
Les indicateurs provenant des réseaux de surveillance en médecine de ville semblent décrire un début de hausse d’activité liée à la Covid-19 tandis que les indicateurs en milieu hospitalier ne présentent pas à ce stade de hausse comparable. Cependant, l’existence d’un retard de plusieurs semaines des indicateurs cliniques sur les indicateurs issus des tests impose une vigilance particulière sur les prochains jours. Le retentissement de l’épidémie sur la médecine de ville et dans le milieu hospitalier est à surveiller dans un contexte de rentrée scolaire et professionnelle conduisant à un brassage accru des populations malgré les mesures de protection en vigueur.
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