COVID-19 : point épidémiologique en Ile-de-France du 27 août 2020
Points clés
Après une augmentation progressive des cas de Covid-19 début février, l’Île-de-France a connu en mars une diffusion rapide des cas en communauté, l’épidémie atteignant un pic en semaine 13, du 23 au 29 mars. L’impact de l’épidémie a été majeur en Ile-de-France. Les Franciliens comptaient pour environ 40 % des décès pour Covid-19 recensés en France depuis le 1er mars, que ce soit à l’hôpital ou en Ehpad.
Le confinement a été suivi par une diminution nette des recours aux soins pour Covid-19. Observée d’abord en ambulatoire en semaine 14, du 30 mars au 5 avril, puis à l’hôpital à partir du 7 avril, elle s’est poursuivie jusqu’en semaine 24, du 8 au 14 juin, cinq semaines après le déconfinement. Cette tendance à la décroissance s’est in-versée en semaine 26. Entre les semaines 27 et 32, la majorité des indicateurs épidémiologiques régionaux montraient une augmentation de la circulation du virus en Île-de-France et particulièrement à Paris.
En semaine 34 (du 17 au 23 août), le taux d’incidence poursuivait sa progression exponentielle avec 65 nouveaux cas pour 100 000 habitants et 94 à Paris contre 46 et 71 la semaine précédente, respectivement. Le seuil d’alerte (50) a ainsi été dépassé dans les départements de la petite couronne et le Val-d’Oise.
Les jeunes de 20-30 ans se singularisaient par un niveau de circulation du virus 4 fois plus élevé que dans les autres classes d’âge, prises ensemble. Cette particularité s’est observée dans tous les départements mais con-cernait Paris en premier lieu (240 nouveaux cas par 100 000 habitants de 20 à 30 ans en semaine 34), suivi par les départements de la petite couronne et le Val-d’Oise.
Bien que moins spectaculaire, l’augmentation de l’incidence se retrouvait dans toutes les classes d’âge, la progression la plus lente revenant aux personnes âgées (> 70 ans), qui visiblement, sont protégées par moins de contacts sociaux et peut être par une meilleure observance des gestes barrières. On peut craindre l’impact automnal du brassage social de la rentrée.
Accusant un retard de plusieurs semaines sur les indicateurs issus des tests, la dynamique des indicateurs hospitaliers est restée cantonnée à l’amorce d’une reprise. Les retours à domicile des patients hospitalisés sont ce-pendant déjà dépassés par les nouvelles admissions, ce qui n’était pas arrivé depuis fin avril. Cette dynamique défavorable semble avoir épargné les établissements sociaux et médico-sociaux (dont les maisons de retraite), montrant que les mesures barrières et de distanciation qui y sont mises en oeuvre sont efficaces.
On constate finalement que les mesures mise en place sont potentiellement et ponctuellement efficaces, à l’instar du confinement généralisé ou des mesures prises dans les Ehpad, mais ne sont pas parvenues à contenir l’épidémie en population générale au décours des grandes vacances. Les semaines qui viennent ne seront vrai-semblablement pas favorables et cette perspective questionne la prévention en France ainsi que d’autres pays d’Europe.
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