Bilan des cas de légionellose notifiés en France en 2020

Publié le 27 juillet 2021
Mis à jour le 27 juillet 2021

Points clés

En 2020, le nombre de cas de légionellose notifiés à Santé publique France était inférieur au nombre de cas notifiés depuis 2017, soit -27% en comparaison du nombre de cas notifiés en 2019 mais légèrement supérieur à celui de 2016. Une investigation menée par le CNR auprès des six principaux fournisseurs de tests d’antigénurie suggère que le recours au diagnostic pour légionellose n’a pas diminué en 2020 par rapport à 2019 car le nombre de tests diffusés a été plus important (+30%), tests probablement réalisés dans le cadre d’un diagnostic différentiel de l’infection à SARS-CoV-2.

Dans le contexte de la pandémie liée au SARS-CoV-2, le nombre mensuel était à partir du mois d’avril 2020 en dessous de la moyenne mensuelle des cas notifiés de 2010 à 2019 excepté en octobre (+6%). Cette tendance à la diminution est également observée au niveau européen : taux de notification européen provisoire pour 2020 inférieur à 2,0/100 000 vs 2,2 en 2019. Des cas de co-infections de Legionella et SARS-CoV-2 ont été identifiés et investigués en début de pandémie : 7 cas détectés parmi les 65 cas de légionellose notifiés du 1er au 31 mars 2020. Les cas coinfectés étaient plus âgés, plus souvent des hommes, présentaient plus de comorbidités et avaient une létalité plus élevée.

Les caractéristiques des cas de légionellose survenus en 2020 sont comparables à celles des années précédentes excepté une diminution significative du tabagisme seul ou associé à d’autres facteurs de risques. Cette tendance à la diminution avait déjà été observée en 2019. Cette évolution pourrait se confirmer dans les prochaines années car la prévalence du tabagisme en France avec la mise en place de plans nationaux de lutte contre le tabagisme était en diminution ces dernières années. La part des cas ayant une exposition à risque (telle que rapportée par les notifications obligatoires) était inférieure à celle habituellement observée. Cette baisse est essentiellement portée par la diminution de la part des voyages qui n’était que de 13%, en lien avec les restrictions de déplacements pendant la pandémie. En 2020, malgré la diminution ou la stabilité des taux de notification régionaux, le gradient du taux de notification Ouest-Est constaté depuis de nombreuses années en France était toujours présent.

La part des souches isolées depuis 2011 était stable et la part des diagnostics uniquement par PCR sur les prélèvements respiratoires était encore en légère progression en 2019. Il est important de promouvoir le diagnostic par PCR qui permet d’identifier les cas de légionellose dus aux autres espèces et sérogroupes que Lp1 et qui ne sont donc pas détectés par les tests urinaires, très majoritairement utilisés actuellement pour le diagnostic de la légionellose. Comme les années précédentes, les résultats de comparaison entre les souches cliniques et environnementales ont montré que les sources de contamination des cas investigués étaient principalement les réseaux d’eau d’établissements recevant du public et les réseaux d’eau du domicile.

Les résultats des investigations épidémiologiques environnementales et microbiologiques menées autour des cas isolés ou des cas groupés montrent que l’eau des réseaux sanitaires peuvent être à l’origine de la contamination des cas de légionellose. Ces résultats mettent en évidence l’importance des mesures de prévention, de la surveillance et le contrôle du risque légionelles dans les réseaux d’eaux qui ne sont pas tous soumis à une réglementation.

Dans le contexte particulier de la pandémie SARS-CoV-2, le nombre de cas de légionellose était en baisse en 2020. Toutefois le nombre de cas notifiés reste élevé et montre l’importance de la déclaration et de l’investigation méthodique et sans délai de tous les cas pour limiter le nombre de cas qui pourraient être liés à une même source de contamination. Par ailleurs, il est essentiel de poursuivre la promotion de la réalisation systématique de prélèvements respiratoires qui permet de diagnostiquer par PCR les cas non Lp1 et de disposer de souches permettant la documentation des cas groupés, et, par comparaison avec les souches environnementales, d’identifier les sources probables de contamination.