Surveillance de la résistance bactérienne aux antibiotiques en soins de ville et en établissements pour personnes âgées dépendantes. Mission Primo : résultats 2021

Publié le 19 avril 2023
Mis à jour le 6 juin 2023

antibiotiques et les infections associées aux soins, en soins de ville et en secteur médico-social. Les données nationales 2021 de résistance aux antibiotiques en ville et en Ehpad portent sur trois espèces bactériennes d'intérêt (Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae et Staphylococcus aureus). Méthode : Du 1er janvier au 31 décembre 2021, les antibiogrammes de E. coli, K. pneumoniae et S. aureus isolés de prélèvements à visée diagnostique ont été collectés dans le réseau de 1 564 laboratoires de biologie médicale (LBM) répartis sur les 13 régions de France métropolitaine ainsi que sur les îles de la Guadeloupe et de la Martinique. La mission Spares a recueilli les antibiogrammes des Ehpad des établissements de santé. Les antibiogrammes des souches isolées de patients vivant à domicile ou résidents d'Ehpad ont été inclus dans l'analyse. Les prélèvements de dépistage et des établissements de santé étaient exclus. La résistance aux antibiotiques a été comparée entre les souches sensibles et résistantes aux C3G. Les proportions de souches pan-sensibles et résistantes à un ou plusieurs antibiotiques (bactéries multirésistantes) ont été calculées. Des analyses statistiques ont été effectuées en utilisant le test de Student ou une analyse de variance. Résultats : En 2021, 715 938 antibiogrammes réalisés sur les souches des Enterobacterales isolées de prélèvements urinaires ont été recueillis par les missions Primo et Spares (dont 85,9% de E. coli et 9,3% de K. pneumoniae). Chez les patients vivant à domicile, 3,2% des souches de E. coli isolées étaient résistantes aux céphalosporines de troisième génération (C3G) et 2,8% par production de bêta-lactamase à spectre étendu (BLSE). Au sein de la population des résidents en Ehpad, la résistance aux C3G concernait 9,2% des souches de E. coli et 8,4% par production de BLSE. La résistance aux fluoroquinolones (FQ) chez E. coli était de 12,7% pour les souches isolées de patients à domicile et de 19,5% pour celles isolées de résidents d'Ehpad. Chez K. pneumoniae, la production de BLSE concernait 8,3% des souches isolées de patients à domicile et 18,6% de celles isolées chez des résidents d'Ehpad, tandis que 12,5% des souches étaient résistantes aux FQ chez les patients vivant à domicile et de 23,3% chez les résidents d'Ehpad. Cinquante-deux souches de E. coli et 51 souches de K. pneumoniae produisaient une carbapénémase chez les patients à domicile et 3 souches chez les résidents d'Ehpad pour les 2 espèces. Chez S. aureus, 7,6% des souches isolées chez les patients vivant à domicile (prélèvements urinaires exclus) étaient résistantes à la méticilline, et 31,1% dans les Ehpad. Conclusion : Depuis 2017, le pourcentage de souches urinaires de E. coli productrices de BLSE s'est stabilisé en soins de ville. Malgré le faible nombre d'entérobactéries productrices de carbapénémases isolées de prélèvements à visée diagnostique en soins de ville et en Ehpad en 2021, leur augmentation est à surveiller. La résistance aux fluoroquinolones augmentait en ville et en Ehpad. La fosfomycine comme la nitrofurantoïne conservaient une bonne efficacité sur les souches de E. coli dans les deux secteurs.

Auteur : Lemenand Olivier, Thibaut-Jovelin Sonia, Coeffic Thomas, Caillon Jocelyne
Année de publication : 2023
Pages : 91 p.
Collection : Données de surveillance