Investigation d'une épidémie de gastro-entérites virales dans un hôpital local, département du Var, novembre-décembre 2007

Publié le 1 Mai 2010
Mis à jour le 10 septembre 2019

Fin décembre 2007, un hôpital local du Var signalait à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales la survenue d'une épidémie de cas de gastro-entérites aiguës (GEA) d'origine probablement virale. Une investigation épidémiologique était conduite afin de recenser les cas et apporter des recommandations visant à contrôler l'épidémie. Le recensement des cas a été effectué sur la base des déclarations de l'hôpital. Le nombre de cas, parmi les patients et le personnel, et la période de survenue ont été recueillis pour chaque service. Des coprocultures ont été réalisées avec recherche bactérienne et virale. En un mois, 159 cas ont été recensés : 25 étaient des membres du personnel (taux d'attaque : 22 %) et 134 des patients (taux d'attaque : 46 %). Le tableau clinique était bénin et l'évolution favorable en 24-48 heures sans hospitalisation. L'hôpital est situé sur deux sites dont les seuls liens sont le personnel et la restauration. Le premier site comprend deux bâtiments dont un de trois étages. L'épisode a débuté au 2e étage d'un bâtiment du premier site avec 29 cas puis au 1er (15 cas) et au 3e étage (3 cas). L'épidémie s'est ensuite étendue au 2e bâtiment du même site (72 cas) et enfin au second site (40 cas). Parmi les coprocultures réalisées, une même souche de norovirus a été isolée dans trois prélèvements. Malgré l'absence de données individuelles, la description clinique est en faveur d'une étiologie virale de l'épidémie. Les souches de norovirus retrouvées dans les selles de 3 cas renforcent cette hypothèse. L'épidémie a diffusé rapidement en raison de la très haute contagiosité des norovirus mais aussi en raison de l'absence d'isolement des cas. En effet, il est probable que les résidents circulant dans les étages d'un même bâtiment ont contribué à cette diffusion au sein des différentes unités. Cependant, plusieurs sites ayant été atteints successivement, il est probable que le personnel a joué un rôle dans la diffusion de l'épidémie. Il est nécessaire de rappeler que devant l'apparition de cas de GEA, des mesures d'hygiène rigoureuses doivent être mises en place très rapidement afin de limiter la propagation d'une épidémie. Le signalement tardif n'a pas permis de limiter la diffusion du germe dans l'établissement, rappelant l'importance d'une information précoce des services. (R.A.)

Auteur : Sillam F
Année de publication : 2010
Pages : 7 p.