Dispositif de veille sanitaire dans le département des Hautes-Alpes durant les Jeux olympiques d'hiver de Turin, 2006. 30 janvier au 15 mars 2006

Publié le 1 Mars 2007
Mis à jour le 10 septembre 2019

Contexte - Les Jeux olympiques d'hiver de Turin en Italie, organisés de février à mars 2006, ont vu certaines compétitions sportives se dérouler à proximité de Briançon, dans les Hautes-Alpes. Un système de veille sanitaire a été mis en place par la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales des Hautes-Alpes et par la Cellule interrégionale d'épidémiologie Sud, afin de détecter rapidement tout phénomène pouvant justifier une action de prévention ou de contrôle sanitaire et guider les interventions en cas d'épidémie ou de pollution environnementale. Méthode - Une surveillance a été assurée du 30 janvier au 15 mars 2006 sur l'arrondissement de Briançon, dont la population (25 000 habitants) triple à cette période en raison du tourisme. La mortalité était suivie à travers les décès enregistrés par l'Etat civil de Briançon et l'analyse des certificats de décès dans la zone d'étude. Un réseau de neuf médecins, surveillant les gastro-entérites, la grippe et la rougeole, a été constitué. Deux laboratoires de Briançon ont fourni des informations sur les analyses réalisées. Les activités des urgences du Centre hospitalier de Briançon et du Samu des Hautes-Alpes ont été suivies. Les systèmes des maladies à déclaration obligatoire et des intoxications au monoxyde de carbone (CO) ont été renforcés par une sensibilisation des déclarants. En amont, des actions de prévention ont été organisées sur Briançon et ses alentours : conformité alimentaire, intensification des autocontrôles, amélioration des traitements de l'eau, sensibilisation au risque légionelles et CO, contrôle des normes des équipements de ski. Les données étaient collectées de manière quotidienne ou hebdomadaire selon les partenaires, mais tout événement sanitaire inhabituel devait être signalé sans délai. Les données, analysées quotidiennement, étaient transmises aux autorités sanitaires chaque soir. Une rétro-information hebdomadaire bilingue était adressée chaque vendredi aux partenaires, aux autorités sanitaires italiennes et au European Centre for Disease Prevention and Control. Résults - Le taux de participation des partenaires a approché les 100 % et les délais de transmission des informations respectés. Aucun événement de santé n'a été identifié dans la zone surveillée. Les données de mortalité ainsi que les activités des urgences (moyenne 58 passages/jour) et du Samu (moyenne 94 affaires/jour) étaient comparables à celles de l'année précédente à la même période. De leur côté, les autorités sanitaires italiennes n'ont pas relevé d'événement particulier. Discussion - Cette surveillance est apparue adaptée et complémentaire aux activités d'inspection et de contrôle. Sa très bonne acceptabilité vient vraisemblablement de la compréhension du système par les partenaires, structuré autour du dispositif pérenne de surveillance non spécifique mis en place avec les hôpitaux, Samu et Etats civils, complété par des systèmes ponctuels (médecins, laboratoires). La mise en alerte des acteurs a permis de constituer la base d'une collaboration indispensable en cas d'épidémie ou de pollution environnementale. (R.A.)

Auteur : Franke F, Renaudat C
Année de publication : 2007
Pages : 23 p.