Caractéristiques et facteurs de risque de consommation de produits psychoactifs au cours des relations sexuelles de patients fréquentant des lieux de dépistage ou de prise en charge du VIH et des hépatites virales dans le Sud-Est de la France en 2015

Publié le 19 Septembre 2017
Mis à jour le 10 septembre 2019

Objectif : décrire la consommation de produits psychoactifs pendant les relations sexuelles et les facteurs de risque associés. Matériel et méthodes : en 2015, un auto-questionnaire anonyme était proposé, durant une semaine donnée, à tous les patients venus consulter dans quatre structures de dépistage/suivi du VIH et des hépatites virales des Alpes-Maritimes, sur la base du volontariat. Ce questionnaire recueillait des données sur la consommation de produits psychoactifs, leur mode d'administration, leur utilisation au cours des relations sexuelles et les prises de risques sexuels associées. Résultats : parmi les 472 patients reçus, 306 avaient un questionnaire exploitable ; 110 (36%) d'entre eux avaient consommé des produits psychoactifs dans le mois précédent, dont 50 (16%) pendant des relations sexuelles. Chez ces derniers, on notait 88% d'hommes, un âge médian de 34 ans et, principalement, des homo/bisexuels (56%). Les patients déclaraient une séropositivité VIH dans 44% des cas et VHC dans 8%. Les modes de consommation à risque de produits psychoactifs concernaient 86% des personnes, leur association à l'alcool 70% et la prise d'au moins trois produits 68%. Les principaux risques sexuels associés étaient : plus d'un partenaire dans le mois (56%), l'absence de préservatif (50%) ou la sexualité en groupe (28%). En analyse multivariée, les facteurs de risque de consommation de produits psychoactifs au cours des relations sexuelles étaient l'homo/bisexualité (OR: 6,17 [2,23-19,62], p=0,001) et la prise de stimulants/amphétamines (OR: 9,02 [3,23-29,24], p<0,001). La séropositivité VIH déclarée n'était pas associée à la consommation de produits psychoactifs au cours des relations sexuelles. Conclusion : nos résultats devraient permettre d'adapter les stratégies d'éducation pour la santé dans cette population, en combinant la réduction des risques sexuels et des risques liés à la consommation de produits psychoactifs.

Auteur : Prouvost Keller B, Naqvi A, Joulie A, Cua E, Pradier C, Roger PM
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2017, n°. 21, p. 455-63