Utilisation des données de la Caisse générale de Sécurité sociale de la Réunion dans le cadre de la surveillance non spécifique

Publié le 1 Octobre 2011
Mis à jour le 10 septembre 2019

Position du problème - À la Réunion, la surveillance non spécifique s'est principalement développée en 2009 et s'appuyait sur l'activité des services de soins d'urgence, les appels au Samu et sur la mortalité. À partir de mars 2010, une nouvelle surveillance a été mise en place en collaboration avec la cellule de l'institut de veille sanitaire en région océan Indien et la Caisse générale de Sécurité sociale de la Réunion. Elle repose sur le nombre hebdomadaire de consultations et visites à domicile des médecins généralistes par commune de la Réunion. Nous présentons ici les modalités d'utilisation de ces données dans un objectif de surveillance non spécifique à la Réunion. Méthodes - Les données analysées recouvrent les consultations et visites des généralistes libéraux et des pédiatres pour chacune des 24 communes de la Réunion et sont reçues en semaine S + 1. Elles correspondent à 72 % de la population de l'île. Les données reçues, faisant référence aux soins remboursés identifiés dans les bases de la Caisse générale de Sécurité sociale de la Réunion, elles sont actualisées chaque semaine au fur et à mesure des flux des remboursements. Pour pouvoir réaliser des analyses hebdomadaires, contribuer à mesurer un évènement sanitaire et détecter rapidement un évènement sanitaire inhabituel, un coefficient de correction a donc été calculé et appliqué pour le nombre total et pour chacune des communes. Résultats - Sur la période de la semaine 15 de 2005 à la semaine 53 de 2009, en moyenne et par mois, 80 000 consultations ont fait l'objet d'un remboursement à la Caisse générale de Sécurité sociale de la Réunion (min : 58 000 ; max 120 000). On observe deux pics principaux d'activité de toute l'île au cours de la période d'étude, l'un de la semaine 4 à la semaine 9 de 2006 avec un pic de 105 000 consultations en semaine 8 et le second de la semaine 34 à 41 de 2009 avec un pic de 120 000 consultations en semaine 35. Conclusion - Les deux pics décrits en 2006 et en 2009 correspondent respectivement à l'épidémie de chikungunya et de grippe A/H1N1 2009 qui ont touché la Réunion. Les deux principaux avantages de cette surveillance sont la quasi-exhaustivité du système car les données correspondent au trois quarts de la population réunionnaise et le découpage géographique par commune. Positionné aux cotés des autres réseaux de surveillance, ce système permet d'élargir les indicateurs sous surveillance reflétant les divers recours au soin. (R.A.)

Auteur : Baroux N, Ristor B, Ferdinand P, Renault P, Filleul L
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2011, vol. 59, n°. 5, p. 319-25