Prise en charge dans un service d'urgence de l'épidémie à virus pandémique. A(H1N1) 2009 à Saint-Pierre, île de La Réunion. Juillet-Août 2009

Publié le 1 Juillet 2010
Mis à jour le 5 juillet 2019

Introduction - Depuis le 11 juin 2009, la grippe A(H1N1) 2009 est considérée comme une pandémie par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Le premier cas importé de grippe A(H1N1) 2009 à l'île de La Réunion, département français d'Outremer situé dans l'hémisphère sud, a été diagnostiqué le 3 juillet 2009. Nous avons décrit les caractéristiques et l'impact de l'épidémie sur l'activité d'un service d'urgence du premier cas au pic de l'épidémie. Méthodes - Les patients consultant aux urgences pour syndrome grippal ou ayant des symptômes répondant à la définition d'un syndrome grippal ont été colligés en juillet et août. Les patients avec un diagnostic de sortie de syndrome grippal ont été analysés. Résultats - L'activité des urgences en 2009, comparée à 2008, progressait de 0,5 % en juillet et de 9,7 % en août. En juillet et en août, respectivement 7,1 et 20,0 % des syndromes grippaux étaient hospitalisés. Pour les 394 patients étudiés (186 hommes, 36,2 + 18,5 ans), 199 (50,5 %) avaient une comorbidité ou un facteur de risque de complications. Les complications survenaient chez 112 patients (28,4 %) ; les complications les plus fréquentes étaient un bronchospasme (52,7 %), une pneumopathie (32,1 %), la décompensation d'une comorbidité (17,9 %). Le passage aux urgences a été suivi d'une hospitalisation pour 73 patients (18,5 %). Les patients âgés de 65 ans et plus représentaient 10,9 % de l'effectif, mais constituaient 31,5 % des hospitalisés et 21,4 % des formes compliquées. Indépendamment de l'âge, une comorbidité et/ou un facteur de risque étaient signalés dans 80,2 % des syndromes grippaux compliqués et 86,3 % des cas hospitalisés. Le circuit des patients grippés était initialement concentré sur une consultation grippe localisée aux urgences. Cette organisation mobilisait plusieurs professionnels de santé, désorganisait les différents services impliqués, et était inadaptée à l'accueil des enfants ou la surveillance de patients avec signes de mauvaise tolérance. Cette organisation, même en identifiant les syndromes grippaux à leur arrivée, orientait les patients vers différents lieux de l'hôpital et différentes salles de consultation au sein des urgences. Conclusion - Les recommandations de surveillance, de prévention et d'orientation vis-à-vis des personnes avec facteur de risque, en particulier respiratoire, trouvent leur justification. Ce retour d'expérience permet aussi de s'interroger sur le circuit du patient au sein d'une structure hospitalière et d'ajuster les plans organisationnels. (RA)

Auteur : Staikowsky F, d' Andrea C, Filleul L, Guiserix J, Vanhecke C, Winer A, Michault A
La Presse médicale, 2010, vol. 39, n°. 7-8, p. e147-57