Epidémie de gastro-entérites à germes multiples liée à la consommation de l'eau de distribution : Gourdon, Lot (46), août-septembre 2000

Publié le 1 Juin 2001
Mis à jour le 11 septembre 2019

Le 23 août 2000, la Direction Départementale des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) du Lot (46) a été alertée par un médecin généraliste de la survenue d'un nombre anormalement élevé de cas de gastro-entérites dans un centre de vacances de la commune de Gourdon. Une enquête a permis d'écarter très rapidement une origine alimentaire. Les médecins libéraux de la commune contactés par la DDASS ont également signalé un nombre élevé de consultations pour gastro-entérite. Le 24 août 2000, les résultats de l'analyse de l'eau du réseau d'adduction, prélevée au centre de vacances, ont révélé une contamination microbiologique. La Préfecture du Lot a alors recommandé aux habitants de Gourdon de ne pas consommer de l'eau du robinet, ou de la consommer après ébullition (au moins cinq minutes). Une investigation a été réalisée par la DDASS en collaboration avec la Cellule Inter-Régionale d'Epidémiologie d'Intervention (CIRE) du Sud-Ouest et l'Institut de Veille Sanitaire. Le nombre de consultations total et le nombre de consultation pour gastro-entérites au cours du mois d'août ont été recueillis auprès des médecins libéraux et du service d'urgence de l'hôpital de la commune afin de confirmer l'existence d'une épidémie. Une étude de cohorte rétrospective en population générale a été réalisée dans la commune afin de déterminer le rôle de l'eau du robinet comme source de contamination. Une enquête environnementale et des examens microbiologiques des selles et de l'eau du réseau d'adduction ont été réalisés. Les résultats de cette étude ont permis d'une part, de confirmer qu'il s'agissait d'une épidémie de gastro-entérites à multiples germes et d'autre part, de mettre en évidence une forte association entre la consommation d'eau du robinet et la survenue de gastro-entérites chez les habitants de Gourdon. L'enquête environnementale a mis en évidence des dysfonctionnements des systèmes de chloration du réseau d'adduction. L'identification de virus humains dans les selles et dans l'eau du réseau d'adduction suggère une source de contamination fécale. (R.A.)

Auteur : Cournot M, Hemery C, Gallay A
Année de publication : 2001
Pages : 48 p.