Bilan de la surveillance et de la prévention des effets sanitaires d'Ostreopsis sur le littoral méditerranéen en France (2007-2010)

Publié le 19 Juillet 2011
Mis à jour le 10 septembre 2019

Une micro-algue dinoflagellé benthique potentiellement toxique du genre Ostreopsis s'est développée récemment au nord de la Méditerranée. L'inhalation d'embruns marins contaminés a été responsable d'une épidémie en 2005 à Gênes, avec admission aux urgences de 225 personnes et 20 hospitalisations (syndromes respiratoires fébriles et irritations cutanées). En septembre 2006 à Marseille, des baigneurs et plongeurs fréquentant une calanque des îles du Frioul ont présenté des symptômes en lien avec Ostreopsis. Depuis 2007, la Direction générale de la santé a mis en uvre un dispositif associant une surveillance épidémiologique et environnementale, ainsi qu'une gestion préventive du risque lié à la présence d'Ostreopsis dans les eaux de baignade. Ce dispositif couvre le littoral méditerranéen et fait intervenir des partenaires tels que l'Ifremer, le Centre antipoison de Marseille, les Agences régionales de santé et les Cellules interrégionales d'épidémiologie de Marseille et de Montpellier. Une cellule d'aide à la décision, associant experts, évaluateurs et gestionnaires du risque, propose des mesures de prévention aux maires et aux préfets concernés. Compte tenu de la persistance d'inconnues sur les causes de survenue de blooms (fortes efflorescences) d'Ostreopsis et sur les niveaux de concentration dans l'eau de mer de cette algue pouvant présenter un risque pour la santé, cette surveillance exploratoire a évolué entre 2007 et 2010. En l'absence de survenue de syndromes respiratoires fébriles collectifs liés à une exposition à des embruns marins contaminés par Ostreopsis, les symptomatologies observées en lien avec Ostreopsis se sont avérées bénignes et comparables à celles observées avec les méduses. La surveillance balnéaire a été associée à des actions de recherche notamment sur le risque toxique alimentaire (bio-accumulation de palytoxine et dérivés dans les produits de la mer et particulièrement les oursins). (R.A.)

Auteur : Armengaud A, Lasalle JL, de Haro L, Grossel H, Lemee R, Rambaud L, Moissonnier B, Tichadou L, Glaizal M, Kantin R, Zouher A, Drouet G, Mattei J, Heuze G, Ricoux C, Esteve Moussion I, Coulon O, Pillebout A, Kermarec F, Malfait P
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2011, n°. 29-30, p. 321-4