Comparaison de différentes stratégies de dépistage de la tuberculose par test tuberculinique chez les enfants scolarisés en classe de CM2 à Paris

Publié le 1 Août 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

Position du problème - À la suite de la publication en 2004 de l'arrêté supprimant les tests tuberculiniques de routine chez l'enfant, la Ville de Paris s'est interrogée sur la pertinence et les modalités optimales de poursuite des activités de dépistage de la tuberculose en milieu scolaire. Méthode - Une étude a été réalisée dans les écoles parisiennes en classe de CM2. Elle a consisté en une enquête cas-témoins explorant les facteurs de risques individuels de présenter une intradermoréaction (IDR) à la tuberculine anormale, suivie d'une analyse des données d'activité de tests de 2004, destinée à comparer l'impact et l'efficience de cinq différentes stratégies de définition des enfants à inclure dans le dépistage tuberculinique. L'impact a été mesuré par le nombre d'infections tuberculeuses détectées et mises sous traitement et l'efficience comme le nombre moyen de tests nécessaires pour détecter une infection tuberculeuse mise sous traitement. Résultats - En dehors des antécédents multiples de vaccination BCG, le principal facteur de risque pour un enfant de présenter un résultat d'IDR anormal est le fait qu'au moins un de ses parents soit né dans un pays de forte prévalence de tuberculose. Parmi les cinq stratégies de test envisagées, deux peuvent être retenues sur la base de leur efficacité et efficience : la stratégie de test de tous les enfants et celle consistant à ne tester que les enfants présentant des caractéristiques individuelles les mettant à risque élevé de tuberculose. Discussion - La décision à Paris, comme dans d'autres grandes villes françaises, concernant la stratégie à adopter, dépendra de l'épidémiologie locale de la tuberculose, des ressources mobilisables pour un dépistage en milieu scolaire et devra prendre en compte les spécificités régionales de la nouvelle politique vaccinale BCG. (R.A.)

Auteur : Levy Bruhl D, Mallet HP, Strady C, Larnaudie S
Revue d'épidémiologie et de santé publique, 2008, vol. 56, n°. 4, p. 253-59