Épidémie inexpliquée parmi le personnel de la mairie de Villejuif, France, 2004-2005 : de l'utilité de l'investigation en tant qu'outil de gestion.

Publié le 24 Avril 2007
Mis à jour le 10 septembre 2019

En 2004 puis 2005, le personnel de la mairie de Villejuif, Val-de-Marne, a présenté une épidémie de symptômes inexpliqués de nature irritative générant une grande anxiété relayée par les média et entraînant une fermeture temporaire des locaux. L'enquête menée en février 2005 s'est attachée à décrire les événements de santé en élargissant la recherche de cas à la population riveraine, à comprendre le contexte dans lequel ils étaient survenus et à explorer l'hypothèse d'une exposition environnementale. L'épidémie a touché 17 % du personnel en 2004 puis 30 % en 2005 avec des signes d'irritation des muqueuses et de la peau, plus rarement des signes généraux (fatigue, maux de tête), le tout sans caractère de gravité avec une forte dimension collective et une disparition des signes à la sortie des locaux. Elle n'a pas concerné la population alentour. La recherche de produits toxiques dans l'environnement extérieur et dans les locaux à été négative, par contre l'air intérieur était confiné. Les symptômes se sont déclarés, les deux années, dans le même service caractérisé par des conditions de travail difficiles. Un diagnostic de " syndrome des bâtiments malsains " a été posé par les investigateurs et des recommandations pour la gestion de l'événement ont été faites aux responsables de la mairie et au personnel. La rapidité de l'investigation, l'articulation étroite entre les différents intervenants, l'implication des salariés ont été des facteurs contribuant à la bonne gestion de l'événement. (R.A.)

Auteur : Cochet A, Rousseau C, Laurent AM, Isnard H
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2007, n°. 15-16, p. 134-6