Caractéristiques des hypothermies chez des sans-abri à Paris, France, 2004

Publié le 9 Janvier 2007
Mis à jour le 10 septembre 2019

Introduction - Les personnes sans-abri, exposées à des conditions climatiques rudes, présentent un risque d'hypothermie augmenté par l'alcoolisme et une pathologie sous-jacente. L'objectif de cet article est de décrire les caractéristiques des hypothermies décelées durant l'année 2004 à Paris et d'identifier les facteurs de risque associés. Méthode - Une étude cas témoins a été réalisée à partir des fiches d'intervention remplies par les infirmières des équipes mobiles, comprenant des indicateurs démographiques, cliniques, et environnementaux. En 2004, 107 hypothermies ont été décelées chez 82 personnes, représentant 7 % des interventions. Nous avons apparié 246 témoins sans-abri sur le mois du diagnostic. Résultats - La majorité des cas d'hypothermie diagnostiqués (90 %) avait un niveau de gravité léger, aucune n'était sévère. Des hypothermies ont été repérées tout au long de l'année, plus fréquemment en novembre et décembre. En analyse multivariée, le risque d'hypothermie était augmenté par l'alcoolisation massive (ORa=2,5 ; IC 95 % [1,2 - 5,6]) et la mobilité réduite (ORa=2,4 ; IC 95 % [1,1 - 5,4]). Discussion - Le risque d'hypothermie est non négligeable dans cette sous population et le nombre de cas décelés une estimation minimale des cas déclarés à Paris en 2004, du fait de l'absence de recherche systématique des cas par les différentes maraudes associatives. Une formation des différents intervenants à la détection et au traitement initial des cas d'hypothermie serait essentielle afin de réduire le risque de morbidité et de mortalité. (R.A.)

Auteur : Carpentier S, Raymond F, Arnaud A, Gaslonde O, Tartière S, Laporte A
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2007, n°. 1, p. 1-3