Manifestations irritatives survenues dans un service public du Nord-Pas-de-Calais, janvier et février 2014. Rapport d'investigation

Publié le 1 Janvier 2014
Mis à jour le 5 juillet 2019

Le vendredi 24 février 2014, les services de la préfecture ont signalé à l'Agence régionale de santé du Nord-Pas-de-Calais un épisode associant la perception de mauvaises odeurs et une irritation des muqueuses, ayant touché une partie du personnel d'un service public qui emploie 59 personnes. Les investigations avaient pour objectifs principaux d'une part de décrire précisément la symptomatologie et d'autre part d'en identifier l'étiologie. Afin de répondre à ces objectifs, trois étapes ont été mises en oeuvre : L'inspection des locaux : - faire un premier bilan de l'état du bâtiment ; - objectiver une source d'un contaminant environnemental ; - rechercher l'existence de tensions sociales.Une campagne de mesures : - objectiver la présence d'un contaminant environnemental ; - identifier la source de dégagement du contaminant.Une investigation épidémiologique et une expertise clinique : - objectiver le nombre de cas et la dynamique temporo-spatiale de leur apparition ; - décrire précisément la symptomatologie ; - rechercher l'existence de tensions sociales. L'hypothèse pouvant expliquer la survenue de cet épisode est une opération d'entretien des égouts ayant pu amener au dégagement de gaz du réseau d'assainissement. Lors de la campagne de mesure, l'ammoniac a été retrouvé en quantité modérée mais il est possible qu'il ne soit que le marqueur d'un dégagement ponctuel mais intense de gaz issus du réseau d'assainissement ayant entraîné les premiers symptômes. Ce phénomène a été renforcé par une mauvaise qualité de l'air intérieur dû à un renouvellement d'air insuffisant et à une vétusté générale des locaux. Par ailleurs, un probable effet de groupe lié aux craintes du personnel a pu se combiner avec ces facteurs aboutissant à la majoration des déclarations de signes fonctionnels bénins non spécifiques par les agents et donc amplifiant l'épisode. Enfin, l'enquête épidémiologique a montré que plus de la moitié du personnel était touchée mais les signes cliniques sont restés sans gravité. Leur non-spécificité n'a pas permis de les corréler avec une étiologie identifiée. Les actions menées dans les suites de cet événement (nettoyage et réfection des locaux, amélioration de la ventilation) et la concertation avec tous les niveaux hiérarchiques via le CHSCT ont permis la réintégration des locaux en juin 2014 sans qu'aucun symptôme ne soit de nouveau signalé.

Auteur : Ghenassia A
Année de publication : 2014
Pages : 7 p.