Enquête santé chez les inondés de la Somme au printemps 2001. Deux ans après

Publié le 1 Janvier 2005
Mis à jour le 5 juillet 2019

Le département de la Somme fut victime de graves inondations qui débutèrent en février 2001, culminèrent en mars-avril, touchant au moins 138 communes, nécessitant l'évacuation prolongée des habitants de centaines de logements. Chacun se souvient des images de ce drame. Mais la détresse des victimes, et des familles est trop souvent ignorée, ou trop vite oubliée. Et quand enfin survient la décrue, après d'interminables mois, nous avons trop souvent tendance à croire que la catastrophe est finie, alors que pour beaucoup ses conséquences ne font que commencer. C'est pourquoi il est si important que soit conduite auprès des inondés de la Somme cette étude visant à mesurer son impact sur la santé. Elle est le fruit d'un travail concerté entre la cellule inter régionnale d'épidémiologie Nord-Pas-de-Calais-Picardie, l'ORS Picardie et le CHU d'Amiens avec le soutien actif de la DDASS de la Somme et du conseil général de la Somme. Cette étude souligne la nécessité de ces démarches concertées entre les acteurs de santé publique à l'échelon régional, pour évaluer les conséquences sanitaires, et en assurer l'accompagnement et la prise en charge. Elle met en évidence surtout l'importance du suivi médico-psychologique des victimes de ces inondations, et la nécessité de pouvoir assurer un suivi très prolongé tant les conséquences sanitaires, notamment psychologiques, peuvent être durables et graves : stress, dépression, majoration des consommations de tabac et d'alcool sont quelques-uns des faits les plus marquants qui aggravent la vulnérabilité des populations déplacées et leur santé. Puisse ce travail aussi contribuer à mieux maîtriser les conséquences sanitaires de ces phénomènes malheureusement répétitifs. En effet, en 2002 le Gard fut, à son tour, sévèrement touché, puis, en 2003 une grande partie des villes et des villages de la vallée du Rhône. A chaque fois, après l'organisation des premiers secours, après les interventions actives, efficaces, de la sécurité civile, vient enfin la décrue des eaux laissant derrière elle une désolation durable que nous avons le devoir d'accompagner et surtout de mieux prévenir. Si l'aménagement du territoire adapté à ces risques demeure sans doute la stratégie prioritaire en matière de prévention, il reste que ces catastrophes naturelles seront sans doute toujours à l'origine de ces déplacements de populations et génèreront ces situations de stress, d'anxiété, de dépression qu'il nous faudra reconnaître, accompagner, soigner. Le travail exemplaire conduit au sein de cette étude devrait à l'avenir nous aider pour une plus grande efficacité de nos interventions. Un élément protecteur mérite d'être souligné : celui de la solidarité humaine. Le tissu social constitué par la famille et par les amis a su, le plus souvent, résister à cette montée des eaux et à ses conséquences dévastatrices. Il y a là une grande leçon d'humanité à prendre en compte, et à soutenir, puisque l'épidémiologie vient confirmer que les plus fortes digues sont celles du coeur. Annexes : http://www.chu-amiens.fr/docu/ESIS2001annexes.PDF

Auteur : Ligier K, Zielinski O, Trugeon A, Duval M, Cauwet F, Ilef D, Ganiayre F, Guillaumont C, Helynck B
Année de publication : 2005
Pages : 168 p.