Périnatalité en Guyane française : évolution de 1992 à 1999

Publié le 1 Janvier 2003
Mis à jour le 10 septembre 2019

Objectif : Les objectifs de cette étude sont de décrire les caractéristiques des naissances en Guyane, de déterminer le taux de mortalité périnatale chez les nouveau-nés issus des différents groupes de population vivant en Guyane française et de décrire l'évolution de ces taux sur la période d'étude. Matériel et méthode : Les accouchements survenus entre le 1er janvier 1992 et le 31 décembre 1999 dans les maternités et centres de santé du département ont été inclus. Des données socio-démographiques et cliniques ont été collectées au moment de l'accouchement. Elles concernent toutes les naissances d'un poids supérieur ou égal 500 grammes ou d'un terme supérieur ou égal à 22 semaines d'aménorrhée. Résultats : Les résultats de notre étude montrent que les accouchements en centre de santé ont nettement diminué au profit des maternités publiques de la période 1992-1995 (respectivement 5,7 % et 69,7 %) à la période 1998-1999 (respectivement 2,4 % et 85,7 %), fruit d'une politique de transfert anténatal dans le cadre d'un travail en réseau des professionnels de la naissance. La mortalité périnatale a diminuée significativement entre 1995 et 1998, pour les Créoles passant de 35,4 % à 15,2 % (p = 0,06), les Noire-Marrons surinamiennes, 46 % à 16,5 % (p < 0,0007) et les Noire-Marrons françaises, 36 % à 10,2 % (p < 0,009). Cette baisse de la mortalité parmi les naissances issues de groupes à haut risque a pu contribué à la baisse du taux brut de mortalité périnatale observée sur la période d'étude. Si le taux de prématurité est resté stable (13,5 %) et que la proportion d'enfants de petits poids n'a que très peu augmenté (12,8 % à 13,7 %), la mortalité chez les prématurés a, elle, nettement diminué, conséquence très probable d'une amélioration de la réanimation néonatale. Conclusion : Malgré ces améliorations notables, avec un taux de mortalité périnatale (18,9 % en 1999) presque trois fois celui de la métropole (7,4 % en 1994), des mères jeunes en grande proportion (17 % ont moins de 20 ans), une forte proportion de primipares et de grandes multipares, l'absence ou l'insuffisance de suivi prénatal, la périnatalité reste encore un problème prioritaire de santé publique et un défi majeur pour la société guyanaise de demain

Auteur : Cardoso T, Carles G, Patient G, Clayette P, Tescher G, Carme B
Journal de gynécologie, obstétrique et biologie de la reproduction, 2003, vol. 32, n°. 4, p. 345-55