Investigation d'un foyer de cas groupés de grippe A (H1N1) 2009 dans un institut médico-éducatif Meurthe-et-Moselle, novembre 2009

Publié le 1 Septembre 2010
Mis à jour le 10 septembre 2019

En novembre 2009, un institut médico-éducatif (IME) pour enfants et jeunes adultes souffrant de handicap mental signalait à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales 8 cas suspects de grippe A (H1N1) 2009. À cette phase de la pandémie, la surveillance des foyers de cas groupés était limitée aux collectivités à risque de complications. L'investigation menée par la Cellule de l'Institut de veille sanitaire en région Est au sein de l'IME était destinée à caractériser l'épidémie, rechercher des facteurs favorisant la transmission virale et adapter les mesures de contrôle. Une enquête de cohorte rétrospective a été conduite dans la population d'étude définie comme toute personne travaillant ou résidant dans l'institut entre le 14 novembre et le 14 décembre 2009 (n=235). Des questionnaires administrés à chaque cas ont documenté les caractéristiques sociodémographiques, cliniques, facteurs de transmission ainsi que les mesures mises en place. Tous les prélèvements effectués étaient positifs (n=3), confirmant ainsi le foyer. L'épidémie a duré plus de trois semaines avec 37 cas rapportés (taux d'attaque (TA)=15,7 %) dont une majorité de résidents (n=25, TA=21,9 %). L'analyse a mis en évidence un surrisque pour les internes (risque relatif (RR)=2,2 ; p=0,03) et, parmi les enfants de moins de 13 ans, pour ceux fréquentant les classes spécialisées (RR=4,5 ; p=0,002). De même, les éducateurs travaillant à l'internat étaient significativement plus touchés (p=0,02). Malgré des mesures barrière précoces et adaptées, l'établissement a dû recourir à une vaccination généralisée et à la fermeture de l'établissement pour maîtriser l'épidémie. L'ampleur de l'épisode et les facteurs de dissémination virale retrouvés semblent d'avantage liés à l'organisation de l'établissement, favorisant contacts et socialisation des enfants déficitaires, plutôt qu'à une vulnérabilité particulière des sous-populations concernées. L'efficacité limitée des mesures barrière dans ce contexte incite à considérer ce type de structure comme lieu prioritaire de vaccination, non pas tant par la fragilité des enfants vis-à-vis de la maladie, mais du fait d'un risque accru d'épidémie et d'une désorganisation du quotidien délétère pour ces enfants en difficulté. (R.A.)

Auteur : Alsibai S, Munerol L, Sibiril V
Année de publication : 2010
Pages : 21 p.