Dépistage du saturnisme infantile chez les enfants de deux ans en Moselle et dans les Vosges. 2003-2004. Résultats et évaluation

Publié le 1 Mai 2006
Mis à jour le 5 juillet 2019

Contexte. En 2003, les Directions Régionales et Départementales des affaires sanitaires et sociales de Lorraine ont souhaité améliorer le repérage des enfants exposés à un risque saturnin dans la région et on sollicité l'appui de la Cellule épidémiologique interrégionale Est (Cire Est). Méthode. En collaboration avec ces services ainsi qu'avec les Caisses d'allocations familiales, les Services de protection maternelle et infantile des Vosges et de Moselle, la Mutualité sociale agricole des Vosges et le Centre antipoison de Nancy, la Cire Est a mis en place un dispositif de dépistage du saturnisme des enfants de 2 ans. La période d'étude était de septembre 2003 à septembre 2004. Le principe reposait sur l'examen de santé systématique réalisé au cours du 24ème mois de l'enfant, au cours duquel les facteurs de risque étaient estimés par les médecins à l'aide d'un questionnaire envoyé préalablement aux parents. Selon les réponses aux questions, le médecin prescrivait une plombémie en fonction d'un arbre décisionnel. Résultats. Au total, sur près de 14 000 convocations envoyées dans les 2 départements, 8659 questionnaires ont été retournés. 217 plombémies ont été prescrites et 107 ont été effectivement réalisées. Finalement, quatre enfants présentant un saturnisme ont été dépistés dans les Vosges et la Moselle. Discussion. Le rendement de ce dépistage a donc été très faible. Si des enfants à risque n'ont pas été exclus, ce travail conduirait à estimer des prévalences respectives de 0,38% (IC 95% : [0 ; 0,76]) et 0,12% (IC 95% : [0 ; 0,21]) dans les Vosges et la Moselle. Ces résultats sont très en dessous de la prévalence nationale mesurée en 1995-1996 (2,1%) et de la prévalence mesurée dans les Vosges au cours d'une étude réalisée de 1996 à 1998 (1,5%). Il n'est toutefois pas impossible que des populations à risque aient été exclues. Conclusion. Il n'est donc pas conseillé de pérenniser ou d'élargir cette action de dépistage, mais d'essayer de définir localement les populations les plus à risque pour exercer une vigilance accrue dans leur direction.

Auteur : Fradet MR, Diulius D
Année de publication : 2006
Pages : 25 p.