Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 31 mai 2018.

Publié le 5 Juin 2018
Mis à jour le 20 juin 2019

Vaccination anti-Ebola en République démocratique du Congo

Le 8 mai dernier, le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré qu'une nouvelle flambée de maladie à virus Ebola (MVE) touchait la zone de Bikoro, dans la province de l'Équateur. Le virus Ebola cause une maladie aigüe grave qui est souvent mortelle en l'absence de traitement. Le taux de létalité moyen pour la MVE est de 50 % environ. Le virus est transmis à l'homme par des animaux sauvages et se propage dans la population humaine par transmission interhumaine.Il s'agit de la 9ème flambée de MVE en RDC depuis que le virus a été découvert dans le pays en 1976. Au total, du 4 avril 2018 au 27 mai 2018, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) rapporte 54 cas de MVE déclarés dont 25 décès (taux de létalité de 46 %). Parmi ces 54 cas, 35 ont été confirmés, 13 sont des cas probables et 6 restent des cas suspects. Au total, 5 agents de santé ont été touchés. Trois zones de santé sont concernées depuis début avril : Iboko (27 cas dont 6 décès), Bikoro (22 cas dont 16 décès) et Wangata (5 cas dont 3 décès). Un cas suspect dans la zone de santé de Ntondo s'est révélé négatif. A ce stade, 906 contacts ont été identifiés et font l'objet d'un suivi.Le Ministère de la santé dirige la riposte dans les zones de santé touchées avec le soutien de l'OMS et de partenaires. Les priorités sont notamment le renforcement de la surveillance et la recherche des sujets contacts, les moyens de laboratoire, la lutte anti-infectieuse, la prise en charge des cas, la participation des communautés, l'inhumation des défunts en toute sécurité et dans la dignité, la coordination de la riposte et la vaccination.L'OMS réutilise comme modèle la riposte menée en 2017 face à une flambée semblable de MVE au nord du pays dont l'efficacité tenait à plusieurs facteurs : les cas possibles ont été rapidement déclarés aux autorités locales, les échantillons de sang ont pu être immédiatement analysés grâce au renforcement des capacités de laboratoires nationaux, le gouvernement a identifié et annoncé la flambée tôt, des activités de riposte rapide ont été menées par les autorités sanitaires locales et nationales avec un solide soutien des partenaires internationaux, et l'accès aux fonds souples a été rapide.Le 21 mai 2018, plus de 7 500 doses de vaccin expérimental anti-Ebola (11 000 personnes avaient participé à un essai en Guinée en 2017) ont été envoyées en RDC pour mener les opérations de vaccination dans la province de l'équateur. La stratégie de vaccination en anneau nécessite de retrouver dès que possible tous les contacts des cas récemment confirmés ainsi que les contacts de ces contacts.A l'heure actuelle, le Comité d'urgence du Règlement sanitaire international (RSI) a jugé que les conditions d'une urgence de santé publique de portée internationale n'étaient pas réunies.

Année de publication : 05/06/2018