Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 21 décembre 2017.

Publié le 3 Janvier 2018
Mis à jour le 15 juillet 2019

A la Une - Le froid tue trois fois plus que la chaleur en France

Santé publique France a analysé (1) les impacts de la chaleur et du froid sur la mortalité totale entre 2000 et 2010 dans 18 zones de France métropolitaine (dont Dijon) rassemblant 15,5 millions d'habitants. La comparaison entre les différentes zones a été faite à partir des percentiles des températures moyennes observées : à Dijon, 1% des journées 2000-2010 ont eu une température inférieure à -4,4°C (percentile 1, dit P1), 99 % des journées 2000-2010 ont eu une température moyenne inférieure à 25,7 °C (percentile 99, dit P99), donc 1% supérieure à 25,7° C.

Sur l'ensemble des 18 zones étudiées entre 2000 et 2010, le froid a été responsable de 3,9 % (IC95%: [3,2-4,6] de la mortalité (impact sur 0-21 jours) et la chaleur de 1,2% [1,1-1,2] (impact sur 0-3 jours). Les températures observées les jours froids et les jours chauds ont causé plus de 60 000 décès. Le froid a une influence faible (38 % pour P0,1), mais observée dès des températures douces (P25) avec une augmentation progressive et persistant jusqu'à 21 jours après l'exposition. Son impact global est important : 46 256 décès. La chaleur influence fortement le risque de décès, mais à des températures qui demeurent rares (P99, soit 25,7 °C à Dijon) avec une augmentation très rapide de la mortalité (augmentation de 3 % pour P99, mais de 96 % pour P99,9). La chaleur est responsable de 13 855 décès en 10 ans. L'impact net de la chaleur 21 jours après l'exposition est de 5 804 décès, soit trois fois moins que le froid.

Chaleur et froid appellent des réponses de santé publique différentes. Le fort risque de décès aux températures très chaudes (P99,9) ne se retrouve pas aux températures très froides (P0,1) et suggère que les mécanismes de protection contre le très grand froid (chauffage des habitations, habillement, comportements) sont efficaces pour une large part de la population. Cette protection n'est toutefois pas accessible à une partie de la population, qu'il faut identifier.

Enfin, des décès liés à une chaleur modérée pourraient être prématurés de quelques jours puisque la surmortalité initiale est partiellement compensée par une sous-mortalité les jours suivants (effet moisson). On peut supposer que ces décès touchent des personnes en très mauvaise santé, très mal acclimatées à la chaleur et, pour certaines, probablement surexposées. Une réflexion sur ces personnes très à risque est nécessaire car ces décès surviennent à des températures bien en-deçà des seuils d'alerte du Plan national canicule.

Cette étude met en avant la forte non-linéarité de la relation entre température et mortalité : la dissymétrie entre le froid et le chaud doit être intégrée dans la prévention, qui ne concerne pas uniquement les alertes froid ou canicule.