Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 31 août 2017.

Publié le 4 Septembre 2017
Mis à jour le 15 juillet 2019

A la Une - Etude PREVAGAY 2015 : estimation de la prévalence du VIH

Santé publique France publie l'estimation de la prévalence du VIH de l'étude PREVAGAY 2015. Cette enquête multicentrique de séroprévalence du VIH et des hépatites B et C, réalisée auprès des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) fréquentant les lieux de convivialité gay (bars, saunas, backrooms) à Lille, Lyon, Montpellier, Nice et Paris de septembre à décembre 2015, comportait deux volets concomitants et couplés : un auto-prélèvement de gouttes de sang capillaire au bout du doigt recueillies sur un papier buvard, un auto-questionnaire comportemental anonyme.

Au total, 2 658 HSH (50 % des sollicités) ont accepté de participer dont 2 646 pour lesquels les prélèvements et questionnaires étaient tous deux exploitables. Globalement, la prévalence pour le VIH était de 14 %, plus élevée à Montpellier, Nice et Paris alors qu'elle était significativement plus basse à Lille (figure). La prévalence était de 4,4 % pour les hommes de moins de 25 ans et s'élevait en fonction de l'âge. Parmi l'ensemble des HSH testés séropositifs (n=433), 92 % étaient diagnostiqués dont 95 % étaient sous traitement antirétroviral. La proportion de HSH séropositifs non diagnostiqués antérieurement était de 9 %, quelle que soit la ville.

Ces résultats concernent une population d'HSH bien définie et ne peuvent être généralisés à l'ensemble de la population des HSH (les HSH ayant refusé étaient 50 % des HSH sollicités, significativement plus âgés (42 ans en médiane) et se déclaraient significativement moins souvent séropositifs pour le VIH). Malgré tout, ces données montrent que la prévalence du VIH est élevée dans cette population chez laquelle pourtant, une proportion importante (un tiers) n'utilise pas systématiquement de préservatif. Cette notion est heureusement tempérée par le fait qu'une très grande majorité de HSH séropositifs sont diagnostiqués et sous traitements antirétroviraux, témoignant d'un bon accès à la prise en charge thérapeutique. Ces résultats incitent non seulement à poursuivre les actions préventives dans les lieux de convivialité gay mais aussi, à cause d'une prévalence importante de VIH chez les HSH âgés de moins de 30 ans (6 %) à envisager d'autres actions au plus près des nouveaux modes de socialisation de cette communauté.