Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 9 juin 2016.

Publié le 10 Juin 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

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Inégalités socioéconomiques d'accès à la vaccination contre les infections à papillomavirus humains en FranceLa vaccination des adolescentes et jeunes femmes contre les infections par les papillomavirus humains (HPV) a été recommandée par le Haut conseil de la santé publique (HCSP) en mars 2007 en prévention du cancer du col de l'utérus. En 2012, le groupe cible était modifié, ciblant les adolescentes entre 11 et 14 ans, avec un rattrapage jusqu'à 19 ans révolus quelle que soit l'activité sexuelle, selon un schéma vaccinal de 2 ou 3 doses selon l'âge. Cette recommandation était émise en complément du dépistage du cancer du col par le frottis cervico-utérin (FCU), qui doit être réalisé tous les trois ans dès l'âge de 25 ans, y compris chez les femmes vaccinées.En France, la dose de vaccin HPV est au prix d'environ 110-120 euros avec un remboursement à 65% par la sécurité sociale.Depuis sa recommandation en 2007, la vaccination des jeunes filles par le vaccin HPV est très insuffisamment mise en oeuvre. Au 31 décembre 2015, moins de 15 % de jeunes filles (échantillon généraliste des bénéficiaires) avaient reçu le schéma complet de vaccination à l'âge de 16 ans, cette proportion étant en baisse constante depuis 2011. Les couvertures HPV en France sont parmi les plus basses des pays de l'Union européenne.Une étude a été effectuée à partir des données de l'Enquête santé et protection sociale (ESPS) conduite en 2012 par l'Institut de recherche et documentation en économie de la santé (Irdes). L'objectif général était d'identifier des facteurs socioéconomiques et démographiques associés aux vaccinations HPV et au dépistage du cancer du col utérin par FCU. L'étude a également analysé, au sein d'un même ménage, la relation entre vaccination HPV chez les jeunes filles et dépistage par FCU chez la mère.Les facteurs associés à un moindre dépistage par FCU et à une vaccination HPV insuffisante étaient le fait de ne pas disposer d'une couverture complémentaire maladie privée (p=0,023 et p=0,037, respectivement) et de vivre dans une famille à revenus faibles (p< 0,001 et p=0,005, respectivement). Un faible niveau de diplôme était associé à un moindre dépistage par FCU (p< 0,001). L'absence de dépistage de la mère par FCU dans les trois dernières années était associée à une moindre vaccination HPV chez leurs filles (p=0,014). Les femmes non dépistées et les jeunes femmes non vaccinées appartiennent plutôt aux catégories sociales les plus modestes. Ces jeunes femmes ont plus souvent des mères non dépistées. Elles risquent de ne bénéficier d'aucune des deux mesures de prévention du cancer du col.Les modalités actuelles de mise en oeuvre de la vaccination HPV devraient être revues afin de réduire les inégalités concernant la prévention du cancer du col utérin.

Année de publication : 10/06/2016