Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 4 août 2016.

Publié le 23 Août 2016
Mis à jour le 8 juillet 2019

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Bilan des cas de légionellose survenus en France en 2015

En 2015, 1 389 cas de légionellose ont été notifiés par le système des maladies à déclaration obligatoire en France [1]. Le nombre de cas notifiés est supérieur à ceux de 2014 (1 348 cas) et 2013 (1 262 cas). Le gradient géographique Ouest-Est du taux d'incidence des cas notifiés de légionellose était toujours marqué et variait de 1,0/100 000 habitants en Bretagne à 4,8/100 000 habitants en Franche-Comté. Le gradient est également marqué pour les nouvelles régions. La majorité (63%) des cas était survenue au cours du second semestre avec une prédominance en juillet et août.

L'âge médian des cas était de 63 ans [Min-Max : 17-101 ans] et le sexe ratio homme/femme était de 2,5. L'incidence augmentait avec l'âge. Seuls 18 cas n'avaient pas été hospitalisés. L'évolution de la maladie était connue pour 94% des cas et la létalité était de 9,0 %, quasi identique à celle de 2014 (9,5%).Le délai médian entre la date des premiers signes cliniques et la date de notification à l'Agence régionale de santé (ARS) était de 6 jours (avec 94% des cas notifiés dans les 20 jours). Parmi les 1 389 cas, 1 352 (97%) étaient des cas confirmés et la détection des antigènes solubles urinaires était la principale méthode diagnostique utilisée (1 324 cas). Une amplification génique (PCR) a été réalisée pour 126 cas (9%) et pour 36 d'entre eux, elle était l'unique méthode de diagnostic biologique (16 cas en 2014). La majorité des cas était relative à l'espèce Legionella pneumophila sérogroupe 1 (Lp1) (1340/1389).

Ce bilan montre une stabilité de l'ensemble des caractéristiques des cas de légionellose. Le taux d'incidence des cas notifiés en France métropolitaine de 2,1 pour 100 000 habitants reste supérieur au taux européen (1,4 pour 100 000 habitants en 2014) mais proche de celui des pays voisins (Italie et Espagne). La part des expositions à risque rapportées est supérieure aux années précédentes notamment celle concernant les voyages. Cette augmentation peut être la conséquence de la transmission plus systématique au niveau national des données récoltées au niveau régional lors de l'interrogatoire des cas ou à une augmentation réelle de ces expositions à risque. Ceci concerne plus particulièrement les résidences temporaires qui ne sont pas toutes incluses dans la législation de février 2010 relative à la surveillance des légionelles dans les réseaux d'eau chaude sanitaire comme les maisons d'hôtes, les gites de petites capacités etc...

Les appareils à pression positive continue utilisées par les personnes souffrant d'apnées du sommeil sont des appareils qu'il faut considérer à risque [2] et doivent être utilisés selon les préconisations de l'ANSM [3]. La documentation de nouvelles sources de contamination demeure une priorité, il est donc important que la proportion de cas avec isolement de souches continue de progresser afin de disposer d'une meilleure capacité d'identification de sources de contamination et de documentation des cas groupés.

Année de publication : 23/08/2016