Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 30 juin 2016.

Publié le 4 Juillet 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

A la Une

Foyer d'encéphalites à EV-A71 en CatalogneLe 25 mai 2016, les autorités sanitaires espagnoles ont signalé la survenue, en Catalogne, d'un foyer épidémique d'infections graves à entérovirus, majoritairement dues à EV-A71 et affectant essentiellement des enfants. Les cas présentaient des atteintes neurologiques de type encéphalite, rhombo-encéphalite, paralysie flasque aigue (ECDC). Le bilan au 7 juin 2016 fait état de 87 cas cliniques, dont 22 admis en unité de soins intensifs. Pour la majorité des cas, l'évolution a été favorable. Aucun malade n'est décédé. Les dates de début des signes étaient comprises entre le 10 avril et le 28 mai 2016 (pic épidémique entre les 11 et 15 mai). Les cas étaient des enfants, âgés de 3 mois à 8 ans, dont 57 % âgés de 1 à 2 ans. Des entérovirus ont été identifiés pour 72 % des 82 cas actuellement documentés. Un génotype EV-A71 (dont 2 co-infectés avec un EV-C109) a été identifié chez 19 patients avec EV-A71/c1 pour sous-génotype le plus fréquent. Les 2 derniers isolements correspondaient à des génotypes 1 CV-A16 et 1 E-30. Les cas ont été admis dans plusieurs centres hospitaliers de Catalogne. Aucun lien épidémiologique n'a été mis en évidence à ce jour. Aucune autre région d'Espagne n'a signalé de cas analogue.Cet épisode est très inhabituel en l'Europe, en raison de la gravité de la symptomatologie et de son amplitude. Une importation du virus étant possible (déplacements de population dans cette région très touristique, évènements sportifs…), la vigilance s'impose surtout en cette période de reprise de circulation active des entérovirus, observée depuis le début du mois de juin.En France, aucune augmentation notable du nombre d'infections neurologiques à entérovirus n'a été rapportée depuis le début de cette année. Les données du réseau de surveillance des entérovirus (RSE) ne montrent pas de circulation accrue de l'EV-A71 (5 cas déclarés au 20 juin, dont deux EV-A71/c1 et trois EV-A71/c2). Deux patients présentaient des complications neurologiques.Le CNR des entérovirus et Santé publique France ont sensibilisé tous les laboratoires du RSE en les informant du contexte et en les appelant à une vigilance accrue en cas de symptomatologie neurologique évocatrice, afin que soient réalisés des prélèvements périphériques (selles, gorge) en plus de ceux sur LCR. Même si les données génotypiques catalanes actuelles ne sont pas en faveur de l'émergence d'un nouveau variant, cette hypothèse n'est pas à exclure en Europe.Les infections à entérovirus restent en règle générale bénignes, avec un nombre important de cas asymptomatiques. Néanmoins, toute symptomatologie fébrile associée à des troubles neurologiques impose une consultation médicale et doit notamment faire évoquer le diagnostic d'infection à entérovirus. Il est par ailleurs impératif de renforcer les règles d'hygiène familiale et/ou collective (lavage des mains notamment) dans l'entourage des patients, des personnes immunodéprimées et des femmes enceintes afin de limiter la transmission du virus.

Année de publication : 04/07/2016