Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 25 août 2016.

Publié le 30 Août 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

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Moisissures dans le bâti

L'Anses vient de publier les résultats de son expertise relative aux moisissures dans les bâtiments, qui constituent un enjeu fort de santé publique en raison de leurs effets avérés sur la santé respiratoire, de la part importante de logements concernés et de l'identification de groupes de population davantage susceptibles de développer des pathologies lorsqu'ils y sont exposés.L'expertise menée par l'Agence confirme l'existence d'effets avérés sur la santé respiratoire liés à l'exposition aux moisissures. Ces effets incluent, d'une part, le développement et l'exacerbation de l'asthme chez les enfants et les adultes exposés sur leur lieu de travail et, d'autre part, la rhinite allergique.Ce travail a également montré que certains groupes de population sont davantage susceptibles de développer des pathologies lorsqu'ils sont exposés aux moisissures : les enfants dès leur naissance, les enfants et adultes asthmatiques, les individus prédisposés à développer plus facilement des allergies ou présentant une hypersensibilité, ainsi que les patients immunodéprimés ou atteints de pathologies respiratoires chroniques. Sont également concernées les populations potentiellement surexposées du fait de caractéristiques socio-économiques défavorables, comme la précarité énergétique ou une sur-occupation du logement.Selon l'expertise, l'exposition aux moisissures dans les environnements intérieurs concerne une part importante des logements : entre 14 et 20 % de logements en France présentent des moisissures visibles. Il existe par ailleurs des variations géographiques des espèces fongiques notamment associées aux caractéristiques météorologiques et climatiques qui peuvent avoir des influences au niveau local.Ce rapport, qui s'appuie sur des connaissances issues d'une revue de la littérature scientifique, de consultations en France et au niveau international de différents organismes ainsi que d'auditions d'acteurs du terrain, a en outre permis de faire le point sur les multiples approches permettant de caractériser une contamination par des moisissures dans les environnements intérieurs. Le laboratoire de parasitologie mycologie du CHU de Besançon a été particulièrement impliqué dans ce travail.Dans ses conclusions, l'Agence recommande de prévenir le développement des moisissures dans le bâti, d'une part, en renforçant la coordination entre les acteurs des secteurs concernés (construction, énergie, etc.) ainsi qu'entre les autorités et acteurs publics et, d'autre part, en améliorant l'information des occupants des logements. L'Agence recommande également de prévenir les conséquences sanitaires, notamment pour les populations les plus sensibles, par une évolution de la réglementation prenant mieux en compte le risque lié à l'exposition aux moisissures dans les logements.Ce rapport est disponible sur le site internet de l'Anses.

Année de publication : 30/08/2016