Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 14 avril 2016.

Publié le 2 Mai 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

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La situation de la syphilis en France, en Bourgogne et en Franche-ComtéLa syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) due à la bactérie Treponema pallidum. Elle est extrêmement contagieuse lors des rapports sexuels, qu'il s'agisse de rapports vaginaux, anaux ou oraux-génitaux (fellation par exemple). Un réseau de surveillance de la syphilis (Résist), basé sur des cliniciens volontaires, a été mis en place par l'Institut de veille sanitaire (InVS) en 2002. Les déclarations proviennent essentiellement des Centres d'information, de dépistage et de diagnostic des infections sexuellement transmissibles (CDAG-Ciddist) et ne sont pas représentatives des données en population générale. Cette surveillance a mis en évidence une augmentation continue du nombre de cas. En 2014, ce sont plus de 1 000 cas de syphilis qui ont été déclarés à l'InVS, mais le nombre réel de cas est sans doute bien supérieur.La grande majorité des cas est constituée par les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) avec 84 % des cas de syphilis diagnostiqués en 2014. L'augmentation du nombre de cas chez les HSH est à mettre en lien avec une augmentation des pratiques à risque observée dans cette population depuis la fin des années 90. De plus, les fellations sont très rarement protégées, alors qu'il s'agit d'un mode de contamination fréquent de la syphilis. Le nombre de cas reste encore relativement faible dans la population hétérosexuelle, mais une tendance à l'augmentation est observée entre 2012 et 2014, notamment en Ile-de-France.Depuis 2008, 127 cas de syphilis ont été déclarés en Bourgogne et 44 en Franche-Comté. Les hommes représentaient 95 % des personnes déclarées en Bourgogne et 100 % en Franche-Comté. Ils étaient majoritairement HSH (83 % en Bourgogne et 91 % en Franche-Comté). Les cas étaient à un stade secondaire pour 44 % d'entre eux en Bourgogne et 50 % en Franche-Comté, et à un stade latent précoce pour 37 % des cas quelle que soit la région, signant un dépistage tardif. Le fait qu'un tiers des patients diagnostiqués avec une IST soit des séropositifs connus au moment du diagnostic reflète un comportement sexuel à risque accru concordant avec les résultats de la surveillance comportementale (utilisation systématique du préservatif très insuffisante pour les pénétrations anales ou vaginales et nulle pour les fellations). Pour cette population, il est important de mobiliser l'ensemble des méthodes de prévention dans une logique de prévention combinée : avec le préservatif, le dépistage régulier (IST, VIH, hépatite C) en s'aidant des TROD et autotests VIH, et les antirétroviraux à titre prophylactique.

Année de publication : 02/05/2016