Surveillance sanitaire en région Bourgogne et Franche-Comté. Point au 11 août 2016.

Publié le 23 Août 2016
Mis à jour le 12 mai 2019

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Augmentation de formes neurologiques sévères à entérovirus

Les entérovirus (EV) sont des virus à ARN non enveloppés appartenant au genre Enterovirus de la famille des Picornaviridae. Les différents sérotypes d'EV sont responsables d'un large spectre de symptômes, bénins ou sévères : neurologiques (méningites aseptiques le plus souvent bénignes, paralysies flasques aiguës, encéphalites, paralysies et ataxies) , des syndromes respiratoires (le plus souvent peu sévères, associés notamment à l'EV-D68) , des atteintes cardiaques (myocardites et péricardites aiguës, impliquant surtout des coxsackievirus B) , des syndromes digestifs (liés surtout aux echovirus). Les infections humaines à EV sont fréquentes et touchent surtout les enfants de moins de 15 ans. La transmission du virus se fait par contact de personne à personne à partir des virus excrétés dans les selles et au niveau du rhino-pharynx ainsi que via la salive ou au contact de lésions cutanées dans le cas des syndromes pied-main-bouche, mais aussi par transmission materno-foetale à l'origine d'infections néo-natales.Pour la grande majorité des patients infectés, l'infection est pauci symptomatique (affections fébriles non spécifiques) ou asymptomatique.L'évolution est en règle bénigne, hormis chez le nouveau-né qui peut développer une infection systémique potentiellement fatale et chez les patients immunodéprimés.En France, la surveillance des infections à entérovirus est assurée depuis 2000 par un réseau de laboratoires volontaires, coordonné par le Centre national de référence (CHU de Clermont-Ferrand) et Santé publique France. En complément, le réseau Oscour®/Santé publique France surveille les passages aux urgences pour diagnostic de méningite à entérovirus.Un mois après l'alerte lancée par les autorités espagnoles (1), le service de neurologie pédiatrique de l'hôpital Necker-Enfants malades signalait le 6 juillet 2016 à la Cire Ile-de-France une nette augmentation des myélites et d'encéphalomyélites par rapport à ce qu'il observait habituellement avec en cause essentiellement les sérotypes EV-D68 et EV-A71. Un courriel a été envoyé à tous les services de neuro-pédiatrie, réanimation et pédiatrie générale afin que tous les cas soient signalés à Santé publique France. Au 29 juillet, 12 hôpitaux ont fait remonter des signaux qui sont en cours de validation et d'investigation. Ce signalement de formes sévères d'infections à EV est à mettre en parallèle avec une augmentation de cas rapportée depuis avril 2016 à l'ECDC* par plusieurs pays européens, survenant de façon plus précoce dans l'année et semblant rattachée plus particulièrement aux EV-A71 et EV-D68 (2).

Année de publication : 23/08/2016