Point au 31 octobre 2013.

Publié le 31 Octobre 2013
Mis à jour le 3 juillet 2019

A la Une - Surveillance de la mortalité par suicide des agriculteurs exploitants : premiers résultats

L'Institut de veille sanitaire a publié récemment les résultats de la première analyse de mortalité par suicide portant sur des données nationales exhaustives chez les agriculteurs exploitants (chefs d'exploitation et leurs conjoints collaborateurs). Cette étude s'inscrit dans le plan de prévention du suicide dans le monde agricole, annoncé par le ministère de l'Agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt en mars 2011 et dont la mise en oeuvre a été confiée à la Mutualité sociale agricole. Le suicide représente la 3ième cause de décès chez les agriculteurs exploitants, après les décès par cancer et par maladies cardiovasculaires. La population étudiée est constituée d'environ 500 000 personnes chaque année (étude sur trois ans de 2007 à 2009) dont 68 % d'hommes et 32 % de femmes. Durant les trois années étudiées, 2 769 décès ont été observés chez les hommes et 997 chez les femmes. Parmi ces décès, 417 suicides chez les hommes (respectivement 130, 146 et 141 en 2007, 2008 et 2009) et 68 chez les femmes (19, 27 et 22 en 2007, 2008 et 2009) ont été enregistrés. Un excès significatif de suicides a été observé chez les hommes exploitants agricoles à partir de 2008, comparativement à la population générale de même âge. Cette surmortalité par suicide est de 28 % en 2008 et de 22 % en 2009. L'excès est notamment marqué chez les hommes entre 45 et 64 ans et plus particulièrement dans les filières d'élevage bovins-lait et bovins-viande qui présentent en 2008 et 2009 les surmortalités par suicide les plus élevées. Ces observations coïncident avec la temporalité des problèmes financiers rencontrés dans ces secteurs sur la période d'étude.Cette étude descriptive ne permet pas de mettre en évidence de relation causale entre l'activité agricole et la surmortalité par suicide observée. Toutefois, l'actualisation régulière des données permettra de suivre l'évolution du phénomène analysé et d'avancer des hypothèses explicatives permettant de mieux cibler les mesures préventives.