La tuberculose en France : les raisons d'un problème persistant

Publié le 1 Janvier 2004
Mis à jour le 10 septembre 2019

L'Ile-de-France est la région la plus touchée avec une incidence de 27,1/100 000 habitants en 2002. Les sujets de nationalité étrangère entre 15 et 39 ans constituent le principal groupe à risque, avec une incidence à la fois élevée (environ 100 cas pour 100 000 habitants) et en nette progression depuis 1997. Plusieurs axes de lutte doivent être développés : améliorer la coordination des différents services intervenant dans la lutte anti-tuberculeuse ; traiter toute infection récente de l'adulte comme cela est déjà fait pour les enfants de moins de 15 ans ; améliorer l'observance des traitements. La tuberculose est une maladie devant faire l'objet d'une déclaration obligatoire (D.O.) depuis 1964. Les données épidémiologiques depuis cette date font état d'une baisse continue de l'incidence au niveau national jusque dans les années 1990, avec des taux d'incidence divisés par quatre en 20 ans. Un ralentissement de cette décroissance a ensuite été observé avant une stabilisation depuis 1997. Cependant, cette apparente stabilisation de l'incidence observée au niveau national n'est que le résultat de situations contrastées, impliquant des régions et des sous groupes de population très différents, que la surveillance épidémiologique permet de caractériser. Ainsi, l'Ile-de-France représente toujours la région de plus forte incidence. De même, les migrants en provenance de pays à forte prévalence, les sujets sans domicile fixe et les personnes en situation de précarité économique et sociale constituent des populations particulièrement à risque. De plus, la dynamique de l'épidémie tuberculeuse dans ces populations est devenue préoccupante avec une augmentation récente du nombre de cas. Dans ce contexte, cet article se propose de faire le point sur l'évolution de l'épidémiologie de la tuberculose en France et sur la situation actuelle.

Auteur : Che D, Decludt B
Médecine thérapeutique pédiatrie, 2004, vol. 7, n°. 2, p. 89-94