Cas groupés de coqueluche dans une maison de retraite en Gironde. Juillet 2006

Publié le 1 Septembre 2007
Mis à jour le 5 juillet 2019

Alerte Le 30 juin 2006, le directeur d'une maison de retraite de Gironde informait la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de Gironde de la survenue de 2 cas de coqueluche avérés au sein du personnel de l'établissement. Deux résidents, en attente de sérodiagnostic, présentaient également des signes évocateurs de coqueluche. La Ddass avait pris les premières mesures de prévention et, le 10 juillet 2006, elle avisait la Cellule interrégionale d'épidémiologie (Cire) Aquitaine de la persistance du phénomène, en sollicitant un appui méthodologique concernant l'investigation à mener. Le 11 juillet, la Cire démarrait l'investigation sur site afin de confirmer et de décrire l'épidémie, en vue de proposer d'éventuelles recommandations sur les mesures de gestion supplémentaires pouvant être mises en oeuvre pour contrôler l'épidémie. Méthode Une enquête épidémiologique de type cohorte a été réalisée auprès de l'ensemble des résidents et du personnel de la maison de retraite. Les définitions de cas plus sensibles que celles préconisées par le Conseil supérieur d'hygiène publique de France (CSHPF) ont permis d'identifier et de dénombrer les cas survenus entre le 15 mai et le 31 juillet 2006. Le recueil des données a été réalisé à l'aide des dossiers médicaux des résidents et d'un questionnaire standardisé administré à toutes les personnes qui répondaient à la définition de cas. L'investigation microbiologique a permis de compléter ces données. Résultats L'étude portait sur les 74 résidents et les 46 membres du personnel. Au total, 13 cas ont été recensés entre le 15 mai et le 13 juillet, dont 5 résidents et 8 membres du personnel, avec des taux d'attaque respectifs de 7 % et 17 %. La courbe épidémique était compatible avec une transmission interhumaine de la maladie à l'intérieur de la maison de retraite et mettait en évidence un cas index parmi les résidents. La symptomatologie, très variable en fonction des cas, allait de la toux quinteuse inhabituelle à une toux nocturne et insomniante pouvant entraîner d'importantes difficultés respiratoires ou s'accompagner d'asthénie. Aucun facteur associé à la survenue de la maladie n'a pu être mis en évidence. Discussion Il s'agit de la première épidémie de coqueluche en collectivité pour personnes âgées signalée en France. La difficulté de détection de la coqueluche chez les personnes âgées souvent polypathologiques et le manque de précautions de type "gouttelettes" au niveau du personnel ont manifestement favorisé la propagation de la maladie au sein de l'établissement. Cet épisode confirme que malgré des niveaux de couverture vaccinale élevés en France, la bactérie circule toujours et peut être à l'origine d?épidémies dans des collectivités d'adultes. Recommandations L'investigation de cette épidémie a été l'occasion de rappeler l'importance de la recherche de coqueluche devant toute toux persistante sans cause évidente chez l'adulte, de l'application rapide des mesures de contrôle autour d'un cas et, plus généralement, de la mise en place de mesures de contrôle standard devant les cas groupés de pathologies respiratoires infectieuses survenant dans une collectivité, que ce soit chez les résidents ou le personnel, avant même les résultats de l'investigation épidémiologique.

Auteur : Flamand C, Manetti A, Filleul L
Année de publication : 2007
Pages : 24 p.