Investigation d'une suspicion d'excès d'issues défavorables de grossesse dans un laboratoire des Côtes-d'Armor

Publié le 1 Janvier 2016
Mis à jour le 10 septembre 2019

En mai 2011, la Cellule de l'Institut de veille sanitaire (InVS) en région Bretagne (Cire Ouest) a été saisie pour une suspicion d'excès d'issues défavorables de grossesse au sein du service de chromatographie d'un laboratoire de développement et d'analyse (LDA) des Côtes d'Armor. Une étude a été entreprise pour valider l'excès signalé et identifier d'éventuelles expositions causales. La survenue de malformations congénitales (MC) et de fausses couches (FC) a été étudiée aux postes de travail regroupés en 4 classes (administration, biologie, chimie et postes mixtes). Les nombres d'événements indésirables ont été comparés aux nombres attendus selon la fréquence nationale. Une approche cas-témoins a ajusté les risques sur l'âge des mères et la durée d'exercice au LDA. Parmi les 242 employés du LDA, 101 ont participé à l'enquête totalisant 120 grossesses vivantes (dont 13 MC) et 29 FC. Un excès de MC a été mis en évidence sur l'ensemble du LDA (rapport d'incidence (RI)=3,09, p<0,01), en chromatographie (RI=8,08, p<0,01), et sur l'ensemble du LDA hors chromatographie (RI=2,28, p=0,04). Après ajustement, les risques étaient 7,65 (1,17 - 49,87) fois plus élevés en chromatographie et 11,42 (1,0 - 129,76) en zone mixte comparés à la biologie. S'il n'y avait pas d'excès de FC, le risque était cependant 11,23 (3,37 - 37,51) fois plus élevé en zone mixte par rapport à la biologie en tenant compte de l'âge des mères et de la durée de présence au LDA. Les résultats sont limités par l'impossibilité de décrire plus précisément les expositions. Certains solvants utilisés aux LDA sont considérés comme reprotoxiques. Bien que nous ne puissions nous prononcer sur un rôle causal des expositions au LDA, nos résultats sont compatibles avec plusieurs études dans lesquelles l'exposition aux solvants était mieux documentée.

Auteur : Fievet A, Rouget F, Gagniere B
Année de publication : 2016
Pages : 21 p.