Impact entomologique des campagnes de sensibilisation à la destruction des gîtes larvaires d' Aedes albopictus à La Réunion (Kass' Moustik). Numéro thématique. Qu'avons-nous appris de l'épidémie de chikungunya dans l'Océan Indien en 2005-2006 ?

Publié le 21 Octobre 2008
Mis à jour le 5 juillet 2019

La prévention contre les arboviroses s'appuie sur la lutte intégrée afin de cumuler les moyens de lutte communautaire, de lutte physique (destruction des gîtes et aménagement de l'environnement), de lutte larvicide et adulticide. Depuis l'épidémie de chikungunya survenue à l'Ile de La Réunion entre 2005 et 2007 des campagnes de mobilisation sociale sont réalisées. Des opérations de sensibilisation soutenues par l'État sont organisées par des associations, relais locaux de mobilisation sociale, dans des quartiers urbains. Un suivi entomologique a été proposé pour évaluer l'impact de ces actions pendant un mois, sur les comportements de la population quant à la destruction des gîtes autour de leur habitation. Sur les sept quartiers urbains suivis en 2006 et 2007, six d'entre eux présentent une baisse des densités larvaires mesurées les jours suivants ces actions. En revanche, dans six quartiers, ces densités augmentent de nouveau 15 jours après la sensibilisation, montrant l'impact limité de la campagne dans le temps. Même si le nombre de gîtes avec présence de larves a fortement diminué après l'opération, les petits récipients constituent toujours l'essentiel des lieux de ponte retrouvés (75 % des gîtes décrits). Cette opération montre son intérêt dans l'élimination des gîtes larvaires à court terme et doit continuer à s'intégrer aux campagnes de mobilisation sociale sur la prévention des arboviroses à La Réunion. (R.A.)

Auteur : Dehecq JS, Thiria J, Fohr G, Delatte H, Fontenille D, Domerg C, Billot E, Chaussade C, Gauzere BA
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2008, n°. 38-39-40, p. 378-81