Surveillance du vecteur de la borréliose de Lyme, Ixodes ricinus, en Alsace de 2013 à 2016

Publié le 19 Juin 2018
Mis à jour le 5 juillet 2019

La borréliose de Lyme est la pathologie à transmission vectorielle la plus fréquente des zones tempérées de l'hémisphère Nord chez l'homme. Les espèces de bactéries responsables appartiennent au groupe Borrelia burgdorferi sensu lato et sont transmises par une tique dure du genre Ixodes, surtout à la stase nymphale. La surveillance vectorielle est donc essentielle pour évaluer les risques pour la population et diffuser des messages de prévention. Dans le cadre des missions du Centre national de référence (CNR) des Borrelia, la surveillance acarologique effectuée de 2013 à 2016 a eu pour objectifs d'étudier : (1) la densité du vecteur Ixodes ricinus en Alsace et (2) le risque acarologique en Alsace pour les espèces de Borrelia responsables de la borréliose de Lyme. Ont été également recherchés Borrelia miyamotoi, un agent pathogène émergent, et Anaplasma phagocytophilum, responsables de syndromes fébriles après piqûre de tique. Quatre sites aux écosystèmes différents ont été suivis (zones rurales vs zones urbaines ou périurbaines ; zones de plaine vs zones de montagne). Selon les sites investigués au cours des quatre années d'étude, de larges variations ont été observées dans les densités en nymphe, entre 4 et 143 par 100 m2. La densité en nymphes infectées variait également, allant de moins d'une nymphe infectée à plus de 8 par 100 m2. Un site de moyenne montagne (altitude : 520 m), Murbach, était particulièrement à risque, mais les zones périurbaines autour de Strasbourg n'étaient pas non plus dénuées de risque. L'Alsace reste donc une zone géographique de fortes densités en tiques, avec des densités en nymphes importantes, associées à la présence d'agents pathogènes transmissibles à l'homme significativement élevée par rapport au reste de la France.

Auteur : Boulanger Nathalie, Zilliox Laurence, Goldstein Valérie, Boyer Pierre, Napolitano Danièle, Jaulhac Benoit
Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, 2018, n°. 19-20, p. 400-405