Leptospirose

La leptospirose est une zoonose bactérienne de répartition mondiale. En France la leptospirose est un enjeu de santé publique notamment dans les outre-mer où l’incidence y est élevée.  

Mis à jour le 17 juin 2019

Leptospirose : données

Le dispositif de surveillance de la leptospirose mis en place par Santé publique France permet d’étudier les tendances épidémiologiques de cette maladie.

Une incidence en augmentation en France métropolitaine

602

cas diagnostiqués en France métropolitaine en 2017

En 2017, 602 cas ont été diagnostiqués en France métropolitaine par le CNR et son réseau de laboratoires et l’incidence estimée était de 0,95 cas pour 100 000 habitants.
Depuis 2014, des incidences supérieures à 0,9 cas pour 100 000 habitants sont observées en métropole, nettement supérieures aux incidences estimées avant 2014 qui variaient entre 0,3 cas par 100 000 habitants en 2006 et 0,6 cas par 100 000 habitants en 2013.
Les raisons de cette augmentation d’incidence ne sont pas clairement identifiées et sont probablement multiples :

  • réchauffement climatique, notamment hiver plus doux ;
  • augmentation de la population de rongeur ;
  • augmentation des activités à risque etc.

Par ailleurs, depuis le changement de nomenclature et le remboursement de l’ELISA en septembre 2014, un nombre plus important de cas ont été identifiés à l’aide de kits ELISA commerciaux. Cette augmentation d’incidence a également été observée dans plusieurs autres pays européens notamment les Pays-Bas et la Belgique.

Nombre et incidence annuelle des cas leptospirose identifiés par le CNR de 2006 à 2017 en France métropolitaine, données CNR Leptospirose

Année

Nombre de cas

Incidence

pour 100 000 habitants

2006

186

0,3

2007

327

0,52

2008

341

0,55

2009

197

0,32

2010

281

0,45

2011

230

0,37

2012

347

0,56

2013

385

0,60

2014

628

0,98

2015

631

0,99

2016

592

0,93

2017

602

0,95

Une incidence qui varie selon la saison

La répartition annuelle des cas en France métropolitaine confirme le caractère saisonnier de la leptospirose avec un maximum de cas retrouvé en août et septembre.

Distribution mensuelle des cas de leptospirose identifiés par le CNR de 2008 à 2017 en France métropolitaine, Données CNR Leptospirose
distribution mensuelle des cas de leptospirose identifiés le CNR, France métropolitaine, 2008-2017

Une incidence qui varie selon les régions en France métropolitaine

Pour l’année 2017, les incidences régionales les plus élevées sont observées en région PACA (1,90 cas pour 100 000 habitants), Nouvelle-Aquitaine (1,25 cas pour 100 000 habitants) et Bourgogne Franche-Comté (1,17 cas pour 100 000 habitants).

Incidence annuelle des cas de leptospirose (/ 100 000 habitants) estimée par le CNR en France métropolitaine, 2017
cartographie des incidences annuelles des cas de leptospirose estimées par le CNR, France métropolitaine, 2017

Une incidence plus élevée dans les DOM

Dans les départements et collectivités d’outre-mer la leptospirose est un problème de santé publique important avec des taux d’incidences beaucoup plus élevés qu’en métropole. L’incidence est plus élevée d’environ :

  • 8 fois à la Réunion
  • 20 fois en Guyane
  • 40 fois en Guadeloupe et Martinique
  • 70 fois à Mayotte et en Polynésie Française.

On y retrouve également un caractère saisonnier avec l’apparition de pics épidémiques lors de la saison des pluies ou de phénomènes climatiques inhabituels tels que les ouragans.

Océan Indien

A la Réunion, un système de surveillance spécifique régional a été mis en place depuis 2004. De 2006 à 2010, une augmentation du taux d’incidence annuel a été observé, probablement due en partie à une meilleure exhaustivité des signalements. En 2017, l’incidence était stable avec 57 cas recensés (7 cas / 100 000 habitants). L’ensemble de l’ile était concerné. Les facteurs de risque identifiés étaient liés à l’activité professionnelle (activités agricoles), des activités récréatives en eau douce ou rattachés à un habitat propice à la contamination (insalubrité, présence de déchets, rats...).

A Mayotte, en 2017, 170 cas ont été déclarés à l’ARS (66 cas/100 000 habitants). Ce taux d’incidence est en augmentation depuis ces dernières années. En 2017, la saison des pluies a été tardive. La recrudescence saisonnière des cas de leptospirose a été néanmoins beaucoup plus importante que les deux années précédentes. Cette situation pourrait s’expliquer en partie par l’importance de la pluviométrie du mois de février mais aussi par l’accumulation de déchets dans l’environnement proche.

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Antilles-Guyane

En 2017, le nombre de cas de leptospirose a été estimé respectivement à 39 et 36 cas pour 100 000 habitants en Guadeloupe et en Martinique correspondant à une augmentation de l’incidence estimée à partir des données du CNR.
La majorité des cas sont diagnostiqués au cours de la saison des pluies et particulièrement au cours des mois de décembre et janvier. Il est probable que la surveillance sous-estime fortement l’incidence réelle de la maladie. En effet, une étude réalisée en 2011 en Guadeloupe continentale et Martinique a permis, par le renforcement du diagnostic dans les principaux laboratoires locaux, d’améliorer l’exhaustivité du recensement des cas.

Durant l’année d’étude, l’incidence a été estimée à 69 cas pour 100 000 habitants en Guadeloupe et de 60 cas pour 100 000 habitants en Martinique, soit des incidences nettement supérieures aux données de surveillance hors période d’étude.

En Guyane, le nombre de cas recensés est en augmentation constante depuis 2011 en lien avec une sensibilisation croissante de la communauté médicale. En 2017, 49 cas de leptospirose ont été diagnostiqués, soit une incidence de 21 cas pour 100 000 habitants

Pour en savoir plus

article 4/04/2017

Leptospirose à Mayotte : apports de la surveillance épidémiologique, 2008-2015.

vignette-rapport-synthese
17/06/2019

Rapport annuel d’activité 2018 du Centre national de référence de la leptospirose